‹ La chronique de Sulpice SévèreChapitre 45 sur 198 · PROLÉGOMÈNES LVII · texte numérisé non relu

PROLÉGOMÈNES LVII

répudiée. Quelques jours plus tard, Justine entrait, en épouse légitime, dans le lit impérial. Gratien avait donc de qui tenir sous le rapport du tempérament. Or ^ s'était, quelques mois en çà, marié en secondes noces ' avec Laeta, fille de Pissamène. Sur les bords du Rhône, un messager, traversant le fleuve, le vint aviser que Laeta qui, à tout prix, avait voulu le rejoindre, l'attendait sur l'autre rive, cachée dans une litière. La prudence commandait de se défier; l'ardeur amoureuse l'emporta^. Gratien, se séparant de ses gardes, franchit le Rhône et courut vers la bienheureuse litière, que l'on apercevait au loin avec son attelage de mules. Au lieu de Laeta, il y trouva Andragathius^.

Cette version nous vient des deux jumeaux historiques : Socrate et Sozomène, le second relevant de quelques couleurs élégantes et appétissantes la sécheresse de son modèle. Les détails quasi physiologiques sur Gratien « poussé dans la fosse » par l'attrait sexuel lui appartiennent sans doute. Mais c'est bien là une histoire de dévots. Maintenant, voici un récit d'où la passion conjugale est absente et qui est mieux autorisé étant tout à fait contemporain. Il nous vient d'Ambroise. Dans sa fuite vers les Alpes, Gratien, épuisé de fatigue, hésitait à entrer à Lyon. Cette ville était la résidence d'un Consulaire, chef administratif suprême de la première Lyonnaise. Que ferait ce bureaucrate?

1 . c Cum et matrimonium non Ua pridem contraxisset, > (Sozomène.)

2. c Miro confugis amore fiagrans^ prtiê desiderto ejuavidendae nihilpros* picitns, > abid.)

3. < Ândragaihius rheda desiliens Graiianum inierfecii. > (Ibid.)

Page 1