‹ La chronique de Sulpice SévèreChapitre 48 sur 198 · PROLÉGOMÈNES LXI · texte numérisé non relu

PROLÉGOMÈNES LXI

tion que l'élu choisi par elle était totalement inconnu. Les premiers bruits du soulèvement provoquèrent en Gaule un éclat de rire. Une poignée d'insulaires, rebut de Texil, affublant l'un d'entre eux du manteau impérial et visant à soumettre le continent à leur folie, cela parut grotesque ^ Nul ne savait qui était Maxime. Nos maigres textes réunis et combinés ne nous apprennent presque rien sur ce personnage qui allait renverser deux empereurs et maîtriser un instant toute la partie occidentale de l'empire. Il était né en Espagne, dans la « famille » des Théodoses, alors entourée d'un si grand renom, et ce mot de « famille » doit être pris ici au sens antique qui indiquait la terre, les biens, surtout les travailleurs attachés à ces biens, les esclaves. Maxime, par vanité, et pour s'accréditer auprès des soldats, laissait croire à un lien de consanguinité entre lui et Théodose le Jeune, devenu empereur d'Orient; même à une approbation secrète 2. Mais le terme de vernula que le panégyriste Pacatus Drepanius lui applique, en s'adressant directement et publiquement à Théodose, est trop net et accompagné de détails trop précis pour être considéré comme une vague injure^. Sans doute, l'exagération et l'inexacti-

I. Quis non ad primum novi sceleria nuntium risit? res infrairacundiae dignitatem videbantur. (LaHni Pacati Drepanii panegyricus Theodosio Augusto dictus, § XXIII, édition Behrena. Leipsig, 1874.) Ce discours fut lu à Rome en 392 devant Tempereur Théodose. Pacatus est témoin oculaire, mais il était polythéiste, et son écrit exprime les sentiments d'un milieu où Ton méprisait les intrigues du clergé chrétien sans en soupçonner la vraie puissance.

3. c Ils ajoutaient foi à Maxime qui se vantait d*ôtre ton parent et d'avoir ton approbation, » dit Drepanius : c Tua se et affinitate etfavore iactanti credunt. » ilbid., § 34.)

3. c nie quondam domus fuae neglegentissimus vernula mensularumque servilium staiarius lixa. » (§ 3i.) Le diminutif v^mu/a signifie presque toujours

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