PROLÉGOMÈNES LXIII
ont puisé leurs informations. Les contemporains — Zosime, Victor, Sulpice Sévère — sont muets. S'il eût rempli le poste de dux Êritanniaruniy dont on a vu tout à l'heure la haute importance, ils n'auraient pas manqué de le constater. D'autre part, il est difficile de ne point admettre qu'en 383 Maxime avait dû atteindre un grade supérieur. Peut-être même est -il possible d'arriver, sur ce sujet, à la vérité approximative. Mais pour cela il nous faut revenir à la Notitia dignitatum^
Dans la liste des chefs placés sous les ordres du comte saxon, je remarque un préfet de légion résidant à Rutupis, et évidemment préposé à la garde de ce port qui était en même temps une forteresse ' . On peut dire que tout le personnel civil et militaire du diocèse de Bretagne passait, à un moment donné, par Rutupis; les entrants comme les sortants, tous avaient affaire au préfet de la seconde légion augustale*. Or, quand Ausone, jaloux de déverser sa colère sur le meurtrier de son élève chéri, se met en quête d'épithètes flétrissantes, — une fois Maxime mort, bien entendu, — il l'appelle Rutupinus Latro. Ce terme désignait les misérables petits pirates du détroit; sa belle sonorité était, j'en conviens, un titre suffisant au choix du poète; peut-être rappelle-t-il tout simplement le lieu où s'embarqua l'armée révoltée; mais
1 . Ce nom se Ht de cinq ou six façons différentes : « Rhutupiae statio » (Ammicn) « toiius Britanniaê portua et quasi porta > (Boecking). L'anglais Garton l'identifie avec Richborough, dans le comté de Kent. « This was the Katnpiam of the Romans and a place of considérable importance, till destroyed by the Danes in the year. loio. » (Cité par Boecking, p. 76.)
2. Praefectus legionis tecundae Auguttae Rutupis. (Cf. Notitia^ etc., p. 18.)
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