LXIV PROLÉGOMÈNES
peut-être aussi est- il permis d'y voir une indication directe de l'emploi que le chef de cette armée y remplissait. Dans cette defnière interprétation^ quelles commodités merveilleuses présentait une prépositure ainsi située, pour nouer des relations, conquérir des adhérents, expédier et recevoir des avis, semer dans toutes les directions le mécontentement et l'alarme. Ainsi s'expliquerait, en partie du moins, comment une entreprise, qui dut agiter l'île pendant de longs mois, put être tenue secrète pour le continent jusqu'à la dernière heure. Le départ triomphal de Maxime suppose, en effet, qu'il avait gagné ou réduit au silence, non seulement tous les chefs militaires dont il a été .parlé, mais aussi les fonctionnaires de l'ordre civil, notamment le Vicarius Britanniarum ' , dont l'autorité équivalait, dans son diocèse propre, à celle de préfet du prétoire des Gaules. Cette première opération, accomplie sans accident ni accroc, fut suivie, on l'a vu, d'un débarquement non moins heureux et d'une marche militaire depuis le Rhin jusqu'à Paris, et depuis Paris jusqu'à Trêves, que nul contre-temps ne vint troubler. Si donc on se reporte aux détails fournis plus haut sur l'organisation de la défense continentale, il parait évident que ces faits ne purent se produire sans une entente dès longtemps établie entre quelques-uns des chefs de cette défense et le futur envahisseur. Rien
I. Le Vicaire des Bretagnea avait sous ses ordres deux Consulaires et trois Présidents^ placés à la tète des cinq provinces qui formaient le diocèse. Son officium comptait onze chefs de service, chiffre ordinaire des plus grands bureaux. Cf. Notifia, p. 74, où est aussi mentionné, p. 82, un cornes Britannioê n'ayant pas de troupes sous sa dépendance, ce qui semble indiquer qu'il remplissait des fonctions civiles.