‹ La chronique de Sulpice SévèreChapitre 53 sur 198 · LXVI PROLÉGOMÈNES · texte numérisé non relu

LXVI PROLÉGOMÈNES

qu'on prisait le plus, la valeur militaire et le courage physique. Ambroise en marque son étonnement tout à la fois et son mépris par une phrase curieuse où il lui reproche de n'avoir rien eu d'impérial et de s'être tenu, en quelque sorte, comme une femme'. L'activité du successeur de Gratien fut, en effet, toute cérébrale. Sa pensée, constamment tendue, le rend plus propre à dresser un plan et à formuler un programme en habile correspondance avec les passions du moment qu'à diriger une armée en campagne. On constate, avec surprise, à quel point il fut économe d'actes violents et de manifestations bruyantes. Il ne tue et ne laisse tuer autour de lui que juste autant qu'il est indispensable. Gratien, Mérobaude, Vallio, telle est la liste complète de ses homicides. Impossible de faire une révolution à moins de frais ; et hiême il s'arrange pour rejeter ces meurtres sur le compte de partisans emportés par un excès de zèle. Jamais il ne commanda de semblables duretés; ceux qui les ont commises, loin d'avoir été incités par lui, sont les mêmes qui, au début de la crise, imposèrent de force, à lui Maxime, l'indiscipline et la rébellion. C'est ainsi qu'il parlait quand il expliquait sa conduite devant quelque représentant des idées conservatrices, et, détail surprenant, il trouvait le moyen de se faire croire -. Très modéré dans l'exécution du coup révolutionnaire, Maxime sut aussi montrer de la mesure dans l'organi-

1 . c Regnum quod maie arripuerat, femineo quodam tnodo, timoré deposuii ut procuratorem se reipublicae fuisse non imperaiorem. i^ (VUa Ambrosii^

2. Sur le« excuses que présentait Maxime et sur la foi qu*y ajoutaient Martin et Sulpice, il faut lire le très curieux chapitre XX de la Vita Martini.

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