PROLÉGOMÈNES LXVII
sation du régime issu de cette révolution. Ces mots ne doivent pas être pris trop au pied de la lettre. On a vu ce qu'était la haute bureaucratie et comment elle réussissait toujours, même sous les empereurs les plus vigilants, à s'approprier le meilleur de la substance des peuples. Quand survenait un changement de règne, les grands postes étaient utilisés par le nouveau venu en libéralités à ses amis et en encouragements aux adhésions hésitantes. Si ce changement se produisait à la suite d'un coup de main, les richesses mal acquises des grands fonctionnaires devenaient naturellement la proie principale dévolue aux exacteurs par les édits de confiscation. Mais tout cela se passait en haut. Tandis que les rangs supérieurs étaient terriblement secoués, les couches d'en bas restaient parfaitement calmes. Sans se mettre en peine de savoir qui était l'Auguste, la petite bureaucratie poursuivait son train habituel, régulier, ininterrompu, assurée qu'il y aurait toujours un Auguste; comme depuis la fin du siècle dernier, à travers tant d'oscillations constitutionnelles, il y a toujours eu, chez nous, « le gouvernement » .
Au surplus, légère ou profonde, Maxime prit un soin extrême pour obtenir que la transition fût aussi peu sensible qu'il se pourrait. Comme on se l'imagine, il avait grand besoin d'argent. L'usage, en pareille occurrence, était de recourir à de vastes proscriptions, suivies de confiscations sur une grande échelle; Maxime n'eut garde d'y déroger. Seulement, homme d'affaires, réfléchi, pondéré, il sut écarter les exécutions violentes; presque toujours, le sang versé finit par