LXVIII PROLÉGOMÈNES
coûter fort cher. La spoliation devait s'opérer par des voies obliques, anodines; pas de pratiques bruyantes; empêcher les victimes de crier trop haut; vider les poches jusqu'au fond avec décence. Ces instructions eurent le résultat qu'on devine : les exacteurs^ modifiant leurs procédés habituels, y substituèrent un système de terreur sourde et d'hypocrisie que Drepànius a fort curieusement décrit. Pour comprimer les plaintes des spoliés, on les entendait dire : « Pourquoi » celui -là marche-t-il d'un air si triste? De riche il est » devenu pauvre; mais n est- il pas heureux d'avoir » la vie sauve' ? » Ces propos, bien placés, étouffaient les cris et fermaient les bouches. Drepanius parle de visu. On sent qu'il y était, au ton piteux dont il ajoute : « il nous fallait feindre la gaieté quand c'est un si grand soulagement de faire connaître sa misère. » C'est lui qui nous est un garant qu'il n'y eut pas mort d'hommes. Il accumule les locutions sanguinaires, mais on voit que le sang ne coula pas. En revanche, la rafale fit d'effroyables ravages parmi les positions et les fortunes. Maxime, d'ailleurs, pratiquait ses rapines avec une régularité de bon administrateur. Connaissant à fond les consciences bureaucratiques, il ne s'y fiait qu'à bon escient. On nous le montre présidant en personne à l'encaissement des dépouilles*. Sa robe de pourpre ne le gênait nullement pour peser les métaux, vérifier les monnaies, palper les bijoux et les pierreries, inspecter les coffres : stabat ad lances
1. ^Quid ita ille trisHs incedit?„Augei fratrem sed habeifllium,» (§ XXV.)
2. c Iniuênti non imperatoris dom*ciliunf sed It^tro^is recefiacultêfn v»4«r«*«r.»(§XXVI.)