PROLÉGOMÈNES LXIX
purpuratus latro. Le palais de Trêves n'était plus un logis d'empereur, mais un trou de brigands. Peut-être y a-t-il là quelque rhétorique. Drepanius est panégyriste; il écrit bien et pille volontiers Cicéron pour mieux écrire; il aime les belles phrases; il est Gaulois du Sud -Ouest; néanmoins, les détails qu'il accumule ainsi n'ont certainement pas été tous puisés dans son imagination. Ce sont choses qu'il a vues, dont il a pâti, car la riche Gaule fut toujours le terrain préféré par les exacteurs. Avec une comique désolation, il constate que Maxime, pire que Charybde, recevait toujours et ne rendait jamais '. Il lui en voudrait moins s'il eût ressemblé aux voleurs ordinaires, grands gaspilleurs du bien mal gagné. C'est qu'en eflFet, l'usurpateur n'amassait pas de l'argent pour se conjouir : il pensait à créer des ressources en vue d'une guerre prochaine et inévitable; son entreprise ne pouvant se consolider qu'en s'étendant. L'avarice de Maxime avait un but réfléchi tout comme sa modération. Certainement, il eût souhaité ne commettre d'exactions d'aucun genre. Il aurait voulu plaire à tous les partis. Ce n'est pas l'habitude des chefs de révolution; mais Maxime répudiait toute intention subversive. On lui avait imposé, bien malgré lui, prétendait -il, la mission de réparer de graves désordres. Il remplissait ce devoir par amour du bien public avec le désir de se rendre utile à tout le monde. Tel était son langage, et j'ose dire qu'on sent autre chose que des militaires et des bureaucrates révoltés derrière celui qui parlait ainsi. Le plus
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