LXX PROLÉGOMÈNES
qu'il put, il conforma sa conduite à ses paroles. Il est curieux d'entendre certains chrétiens l'accuser d'avoir recherché l'appui des païens; ceux-ci le blâmer de n'avoir pas compris quel profit il eût pu tirer des « dieux » ; ceux-là, lui faire un grief du concours que les juifs lui avaient prêté. Aucune de ces allégations n'est tout à fait dépourvue de base anecdotique^ Il serait facile, mais trop long et sans intérêt, de les remettre au point. Une seule remarque nous sufl&ra, assez décisive, il est vrai, pour éclairer la plupart des obscurités du récit que l'on vient de lire.
Au milieu des tendances divergentes qui agitaient violemment le iv* siècle, Maxime n'était pas homme à confondre un simple remous d'opinion avec ces grands courants qui entraînent la masse des esprits. Un observateur aussi sagace avait certainement constaté que la grande force, la force unique de l'époque, était le sentiment religieux. Un calculateur aussi avisé n'avait pas manqué de mesurer avec soin la puissance d'impulsion acquise par les passions théologiques, seules restées vraiment vivantes. C'est la grande nouveauté du temps. Depuis soixante-dix années environ, toute la politique se ramenait à ceci : prendre position sur le terrain de la bataille, d'abord pour ou contre « les dieux » ; un peu plus tard, pour ou contre Viota fatidiaue qui séparait le semi-arianisme de l'orthodoxie; présentement, cette dernière option devenait caduque. En Occident, nul n'en parlait plus, n'était la
I. Voir Socrate, Hisi, Eccles,, V. 14; — Symmaque, Episi.XV et ton panégyrique perdu; — Zosime, lib. IV; — Ambroise, Epist. 79, ad Theodoêium; c Reit iittê judaeus factus est, > disait Tévêque de Milan.