‹ La chronique de Sulpice SévèreChapitre 60 sur 198 · LXXIV PROLÉGOMÈNES · texte numérisé non relu

LXXIV PROLÉGOMÈNES

plicité manifeste du personnel militaire administratif sur le continent; l'apathie, l'inertie, et finalement la trahison des troupes parisiennes. D'autres mobiles purent se produire; je les ai signalés en marquant ceux qui étaient réels et en faisant justice de ceux où il ne faut voir que des imaginations ridicules. L'habileté du conspirateur principal fut merveilleuse pour tout mettre en œuvre ; mais sa plus sérieuse influence, il la tira de la source que je viens d'indiquer. Aussitôt que le succès de Maxime parut se dessiner nettement, Ithacius alla se jeter aux pieds du vainqueur, par qui il fut accueilli comme un ami attendu. Ils eurent ensemble de longues conférences; et quelques jours plus tard, les prélats de toutes les Gaules et de toutes les Espagnes s'abattaient en troupe sur les marches du nouveau trône, faisant assaut de génuflexions et de flatteries'. L'entraînement fut trop unanime pour qu'on puisse le croire spontané. La ponctualité avec laquelle il se produisit avait quelque chose de militaire. Les mouvements de ce genre, quand on les voit naître parmi des groupes à nombre réduit et constitués en corps, décèlent immanquablement une entente préalable et un mot d'ordre. Maxime, qui savait tout le prix d'une telle manifestation, la faisait sonner très haut. Nous l'entendrons tout à l'heure s'en servir pour intimider Martin. Car le vieil évêque de Tours, comme ses autres collègues, s'était décidé, quoique avec un bien moindre empressement, à se rendre à Trêves. Y apportait-il donc, lui aussi, son adhésion à l'usurpateur?

ï. • Ex diverëis partibtM orbiê, episcopi convenerant. » ( Viia, XX, i .)

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