‹ La chronique de Sulpice SévèreChapitre 66 sur 198 · LXXXIV PROLÉGOMÈNES · texte numérisé non relu

LXXXIV PROLÉGOMÈNES

le plus instructif et le plus curieux incident de cette affaire; puis, ayant échoué dans leur appel à l'intervention des chefs ecclésiastiques, ils s'adressèrent à leur tour au pouvoir civil. Ce qu'un rescrit avait .fait, un rescrit pouvait le défaire. Priscillien se mêla, lui aussi, de solliciter et d'intriguer; et sur ce terrain encore, il battit Ithacius. Sulpice croit qu'il employa ses trésors à corrompre le « maître des offices », Macédonius, qui faisait à Trêves la pluie et le beau temps. Il n'y a pourtant rien d'impossible à ce que Macédonius fût simplement un partisan de Tascétisme. Les fonctionnaires laïques participaient presque toujours aux passions doctrinales qui agitaient l'Église. On aura beau répéter que Priscillien était richissime et entouré d'amis très opulents; le fait est exact et devait leur coûter très cher à tous; on ne peut pourtant leur supposer une caisse inépuisable. La querelle se prolongea longtemps sur le terrain administratif. Elle mit aux prises Volventius, proconsul d'Espagne, il est vrai quelque peu problématique, avec un personnage qui lui était hiérarchiquement supérieur, le préfet du prétoire des Gaules, Grégorius. (Voir p. 635 la série des notules sur ces personnages et sur leurs fonctions.) Une intervention nouvelle du tout-puissant Magister ofjiciorum devint ainsi nécessaire.

Cependant, au cours de ces conflits, le public religieux s'était échaufifé. La bataille entre évêques et ascètes divisait l'opinion aussi bien au nord qu'au midi des Pyrénées. L'Espagne et la France, comme nous dirions aujourd'hui, surtout 1^ France ac^uita-

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