‹ La chronique de Sulpice SévèreChapitre 67 sur 198 · PROLÉGOMÈNES LXXXV · texte numérisé non relu

PROLÉGOMÈNES LXXXV

nique % vivaient d'une vie étonnamment commune, ainsi que cela résulte des conciles de Saragosse et de Bordeaux. Dans les deux pays, quand on vit l'audacieux évêque d'Ossonoba forcé de fuir pour ne pas être puni comme « perturbateur des Églises » », ce fut une stupéfaction véritable. Gratien venait de se porter à lui-même un coup mortel. De la part d'un gouvernement tel que celui du « christianissime », qui avait jeté hors de la curie julienne l'autel de la Victoire et lancé les édits de 379 et de 382, cela parut exorbitant. Dans les rangs orthodoxes régnait la consternation, et bientôt une sourde colère. C'est à un tel moment que put se préparer, mûrir et enfin éclater cette révolte qui trouva en Maxime un chef si inattendu. Il n'existe aucune preuve directe que ces faits aient contribué à la provoquer. En revanche, l'ensemble des incidents par moi retrouvés et reliés entre eux, indirectement mais invinciblement démontre que Tinsurrection fut par là hâtée et facilitée. Maxime était Espagnol; ses relations avec le monde péninsulaire devaient être celles d'un oflScier protégé par la puissante maison des Ulpii. Il avait su se faire apprécier à sa valeur, qui était grande, par ces épiscopes de Lusitanie, presque autant soldats que prélats. En tout cas, ils purent voir qu'en portant leur choix sur lui, ils ne s'étaient pas trompés, car son succès fut inouï. Tirant un admirable parti des atouts qu'une puissance pure-

1 . Elle s'étendait jusqu'à la Loire. Martin, à titre d'évêque de Toursi aurait dcmc pu se dire prélat aquitain.

2. €lihaeiu$, ab his quasi pêriurbator ^cchsiarum f>osiulqius, irepidu§ profiêgit. » (Voir infra^ p. 109 et 634.) •

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