‹ La chronique de Sulpice SévèreChapitre 72 sur 198 · PROLÉGOMÈNES XCI · texte numérisé non relu

PROLÉGOMÈNES XCI

d'une notoriété immense, devait, coûte que coûte, être non pas seulement ménagé, mais conquis. C'était toute une campagne et des plus laborieuses à entreprendre. Elle s'engagea — détail bizarre qui rapproche étrangement de nous cette fin d'antiquité — sur un point d'étiquette et sur une invitation à dîner.

Les dîners, dès ces temps -là, constituaient un mode important de manifestation officielle. Drepanius, qui vante avec effusion V humant t'as de Théodose, — il entend par ce mot la vaste distribution de places à laquelle il fut procédé à Tavènement de cet empereur, — l'admire surtout pour son ingéniosité à trouver des équivalents quand les places faisaient défaut. Tel qui n'avait pu être nommé vicaire, consulaire, président ou recteur, était admis à la table sacrée et, gratifié d'une embrassade auguste, aussitôt se trouvait consolé'. Une semblable façon d'agir était en parfaite harmonie avec la méthode favorite de Maxime; aussi multipliait-il les dîners pour y faire comparaître ses plus notables partisans. Or, Martin, convié à plusieurs reprises à ces banquets de parade, avait obstinément refusé de s'y rendre, alléguant ses habitudes d'abstinence. Mais, quand il s'expliquait devant des confidents intimes, on l'entendait déclarer qu'il ne pouvait s'asseoir à la table d'un homme qui avait attenté à la vie et usurpé le trône d'un empereur^. Cette attitude blessait Maxime et aussi l'alarmait, car il en

1 . € Jlle cohonêsiatus affatu, ille mensa beaius, ille osculo consecraius. * (g XX, p. 288).

2, • A coHvivio ejuM fréquenter rogaius ahsiinuiiy dicens se mensae ejus par' tieipem esse non passe, qui imperatoris unum regno, alierum vUa e»pulis- S€i.9(Vita,XXJ,2,)

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