‹ La chronique de Sulpice SévèreChapitre 83 sur 198 · CVI PROLÉGOMÈNES · texte numérisé non relu

CVI PROLÉGOMÈNES

vantait devant les premières apparitions des Sarrasins, presque aussi effroyables que les Huns par leur étrangeté de coutumes et de costumes. Il y avait là une couleuvre à avaler. Théodose y était habitué. Son principal mérite, sauf de rares élans, fut de savoir plier à temps, ronger son frein, faire contre mauvaise fortune bon cœur. Ce n'est pas une critique, c'est un éloge. Avec un autre système, la digue se fût effondrée vingt ans plus tôt. Socrate », autorité plus que médiocre, affirme pourtant qu'il fit des préparatifs et opéra quelques mouvements de troupes vers le nord. Je crois, pour ma part, qu'il ne se livra à aucune manifestation de ce genre. Il connaissait avec exactitude l'état de la préfecture des Gaules. Les détails que put lui fournir le légat de Maxime sur l'adhésion unanime des évêques durent le frapper vivement. Son orthodoxie n'était pas pour aller se heurter follement contre l'orthodoxie encore plus ardente du révolté de Bretagne, surtout étant données les défiances qui déjà planaient sur la cour de Milan et sur la semi-arienne Justine. Il pesa mûrement la signification que pouvait avoir l'accord inaccoutumé de Martin avec ses collègues. Outre qu'il professait un respect superstitieux pour les hommes entourés d'un renom de sainteté et doués du don des miracles, il avait d'autres motifs encore de ne pas prendre légèrement ce que le légat lui racontait du thaumaturge des Gaules et de ses deux dîners. On l'avait tenu au courant de ce qui se passait en Espagne. Les agitations de cet ordre réagis-

I . JSist, Ecoles,, V, 1 1 ; voir auaai Themistiua, oratio XVIII.

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