‹ La chronique de Sulpice SévèreChapitre 84 sur 198 · PROLÉGOMÈNES CVII · texte numérisé non relu

PROLÉGOMÈNES CVII

saient puissamment sur la politique; qui le savait mieux que lui ? L'entente imprévue du chef de ce parti ascétique, dont Pinfluence allait grandissant, avec ses plus déterminés adversaires, dut être interprétée par lui comme une preuve de l'irrésistible popularité de l'usurpateur; et il se décida à accorder à Maxime « l'unanimité » ^ Momentanément, la constitution impériale devenait une triarchie au sein de laquelle le meurtrier de Gratien, cessant d'être tyran, prenait le titre de troisième Auguste^. Les écrivains ecclésiastiques passent ce fait sous silence. Ils jugent trop humiliant pour leur grand homme d'admettre qu'après avoir laissé sans vengeance son bienfaiteur Gratien, il aurait pu accepter comme collègue en augustat l'homme qui l'avait fait égorger. Surtout ils rougiraient d'avoir à constater que le succès, très complet et très éclatant d'un tel personnage, ne fut dû qu'à la complicité des évêques. Rufin, Socrate, Sozomène, Théodoret, se trouvent d'accord pour supprimer, sous forme d'élimination tacite, la période de prospérité dont jouit Magnus Maximus. Obéissant aux mêmes motifs, Pacatus Drepanius, lui non plus, ne met aucun intervalle entre la chute de Gratien et le désastre qui, cinq ans plus tard, atteignit l'auteur

1 . Ce terme avait-il passé de la langue ecclésiastique dans la langue politique ou vicê Versa ? A la date où nous sommes, il ne se trouve pas dans les textes officiels; mais Théodose II 8*opposa à ce que Vunanimitaa fût accordée à Constantin en 440. Un peu plus tard, le chroniqueur Idace (ad ann, 45$) dit qu*Avittts, élu empereur par le peuple romain, envoya des ambassadeurs à Marcien c^ro «manimUaie imperii >.

2. Il y eut, en outre, deux petits Augustes surérogatoires : Arcadius, fils de Théodose, associé par lui à Tempire, et Victor, fils de Maxime, associé aussi, et sur-le-champ affublé de l'inévitable praenomen de Flavius.

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