PROLÉGOMÈNES CXIII
semblerait que le christianisme se développa d'abord comme un de ces gouvernements à la manière grecque où la volonté du peuple, tous les jours consultée, était directement souveraine et pesait sans intermédiaire sur les agents d'exécution. Le mandat à vie des diacres, presbytres ou épiscopes ne constitue nullement une objection, car on voit ces ministres sans cesse menacés, subalternisés, destitués par leurs commettants. Le point de départ de l'épiscopat n'est pa^ mystique : il est économique et financier; je crois ravoir établi ailleurs (cf. p. 491). L'épiscope primitif avait charge de surveiller les intérêts de la communauté, d'où résultait pour lui l'infériorité de tout employé ou intendant vis-à-vis de ceux qui l'emploient. Ce fait, qu'on avait déjà entrevu, a été mis hors de doute par la publication récente d'un code de discipline apostolique datant au plus tard du commencement du second siècle et qui nous montre les évêques plus que médiocrement considérés. Avant eux, sont placés les prophètes et les docteurs, tous surgis de la foule, parce que « l'esprit les anime » . Ceux-ci vont et viennent, courant le pays au gré de leur inspiration. C'est pourquoi on se précautionnait contre les tromperies possibles. La At^a^)^ twv 'ATroawXwv, c'est le titre de notre petit livre (voir la notule de page 5o3), indique les moyens de vérifier la réalité de l'inspiration de ces apôtres spontanés. Mais on sent très bien qu'en eux seuls réside l'énergie religieuse. Les évêques, au contraire, placés au quatrième ou cinquième rang, sont mentionnés sur un ton de condescendance tout à fait caractéristique ; « Élisez-vous