CXIV PROLÉGOMÈNES
» des évêques et des diacres ; eux aussi, ils peuvent » rendre des services, ne les méprisez pas. » Naturellement, la situation de répiscope se modifia à mesure que les pauvres petites communautés devinrent des associations nombreuses et aisées. Pour subalterne qu'il soit, un intendant habile et vigilant, en face d'un maître plein d'indolence, devient bientôt le maître de son maître. En suivant à la trace, de vingt-cinq ans en vingt-cinq ans, le principe d'élection et de délégation, je le trouve tantôt appliqué jusqu'à la démagogie, tantôt altéré, absorbé par le droit que s'arrogeaient les dignitaires en place de présenter des candidatures. Le dernier de ces deux cas fut aussi fréquent pendant le ni* siècle que le premier l'avait été dans la période précédente; mais le trait persistant, c'est que l'élection jamais ne disparaît complètement. « En aucun temps, l'Eglise n'admit que des inférieurs pussent nommer leurs supérieurs, » disent les défenseurs de l'orthodoxie. C'est incontestable; mais théoriquement la démocratie ne l'a jamais admis non plus. Les choix s'y opèrent entre égaux, par des égaux; et Tunique supériorité de l'élu, c'est que ses égaux Tout choisi. Si, dans les traits qui précèdent, on ne reconnaît pas le régime démocratique, il faut renoncer à s'entendre sur les choses les plus claires.
Il ne s'agit pas, assurément, de nier qu'au cours de révolution qui transforma l'intendant subalterne des premiers temps en un tout-puissant fonctionnaire, les motifs mystiques ne soient venus s'adjoindre aux raisons administratives et financières. Non seulement ces motifs se produisirent, mais ils escaladèrent très