‹ La chronique de Sulpice SévèreChapitre 90 sur 198 · PROLÉGOMÈNES CXV · texte numérisé non relu

PROLÉGOMÈNES CXV

vite le premier rang. C'est la question de l'ordination. On sait que l'histoire ecclésiastique orthodoxe fait remonter l'institution des « ordres » à l'origine même. L'épiscopat résulterait d'une transmission de la capacité dont Jésus avait investi ses disciples, et qu'ils auraient communiquée mystiquement à leurs successeurs. Cette conception ne s'appuie sur aucune base documentaire; elle n'en est pas moins d'une splendide plausibilité. La date précise de son introduction dans le courant des idées chrétiennes, difficile à fixer, importe peu; ce qui est certain, c'est qu'elle devint un des facteurs prépondérants de la puissance de l'Église, sa force d'impulsion étant telle que nous venons de la voir, de nos jours encore, fonctionner avec efficacité quand l'évêque janséniste d'Utrecht voulut consacrer des évêques vieux-catholiques.

Je ne conteste donc pas le rôle graduellement prépondérant de l'ordination, corollaire du principe de transmission apostolique. Je m'en tiens^ d'une part, à répéter — timidement — que pendant les premiers siècles, l'autre origine du pouvoir épiscopal ne fut pas aussi peu influente qu'on le dit, et qu'elle fit souvent valoir ses droits ; d'autre part, je me permets d'affirmer — très résolument, parce que je suis sur un terrain que j'ai fouillé en longueur, largeur et profondeur — que cette origine prit momentanément le dessus au IV* siècle. S'il déplaît d'admettre que ce fait fut un mouvement en retour de l'esprit populaire et communautaire du christianisme primitif, disons simplement qu'il résulta d'un renouveau de l'esprit démocratique

éco-romain, éclatant tout à coup au sein de l'Église

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