‹ La chronique de Sulpice SévèreChapitre 9 sur 198 · PROLÉGOMÈNES XV · texte numérisé non relu

PROLÉGOMÈNES XV

était en absolu désaccord avec ce qui se passait depuis quatre siècles. L'Antiquité avait donné un développement merveilleux aux arts, à la science, à l'activité militaire et civique, mais en laissant inassouvis les besoins du cœur et la culture du sentiment. C'est ce qui explique comment, dès la fin de la période républicaine et en plein triomphe de la philosophie négative qui semblait pour longtemps maîtresse des esprits, l'opinion se porta avec une force singulière vers les choses de la religion; et Télan ne cessa de s'accroître en même temps que se développait une entente, quasi unanime bien que tacite, pour négliger les choses de l'art, de la science et de la philosophie. Le sentiment prenait sa revanche. Délaissé en Grèce au profit de la culture esthétique et scientifique; abandonné à Rome pour les œuvres pratiques et politiques, il leur rend dédain contre dédain, oubli contre oubli. Ce mouvement atteignait à l'apogée lorsque Augustin et Sulpice sont en âge d'écrire ; et si l'humble rédacteur des opuscules l'exprime avec plus de fidélité que l'illustre auteur de la Cité de Dieu, c'est qu'il est mieux en contact avec ce qui se passe dans Tâme des foules par sa simplicité et sa naïveté; — aidées d'ailleurs de la spontanéité illettrée du vieil évêque de Tours. Que de gaucherie, mais aussi que de force quand il s'écrie qu'on ne peut plus désormais imiter ni Hector dans sa prouesse, ni, dans sa sagesse, Socrate. C'est la vraie situation ambiante qu'il expose, ridée de la gloire sous ses deux espèces, la guerrière et la littéraire, ayant effectivement perdu toute opportunité» Elle avait rempli, cette idée, le monde gréco-

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