‹ La chronique de Sulpice SévèreChapitre 92 sur 198 · PROLÉGOMÈNES CXIX · texte numérisé non relu

PROLÉGOMÈNES CXIX

devenaient majorité, ils prenaient leur revanche. Qu'est-ce à dire, sinon que la démocratie religieuse est volontiers intolérante et oppressive, à l'instar de la démocratie politique? Aussi les évêques ressemblentils, non à ces docteurs compassés, à ces graves théologiens de Trente ou du Vatican, mais aux membres enfiévrés du Long-Parlement, qui puisaient, eux aussi, dans la Bible la matière de leurs discours. Athanase avait PétoflFe d'un leader parlementaire de première force; il se montra démagogue tout à fait hors ligne. La doctrine et la science restaient visiblement en sous-ordre. Chaque évêque sentait ses « constituents i> ^ comme on dit en anglais, sur ses talons. Le mandat accepté devait être rempli très strictement; il l'était, en effet. On peut s'en assurer par Ténergie avec laquelle l'opinion agit sur les chefs du pouvoir et les plie à sa volonté.

Certes, les seconds Flaviens avaient assez participé au triomphe du nouveau culte pour avoir le droit de se mêler de sa direction. Aussi ne manquèrent-ils pas de s'y prendre avec lui comme avec l'ancien ; et tout d'abord, cette césaropapie fut bien accueillie. Elle était dans les données du temps; nul ne songea à rien objecter. Mais le succès du pouvoir civil, plus apparent que réel, était tout en superficie. Constantin et ses fils ont l'air de régenter le monde spirituel comme ils font le monde temporel : en réalité, ils sont très sévèrement tenus, et finalement ils obéissent. Ainsi, par exemple, entre le concile de Nicée et celui de Constantinople, autant dire pendant presque tout le siècle, c'est une loi que l'Auguste d'Orient est

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