CXX PROLÉGOMÈNES
toujours Arien, TAuguste d'Occident Nicéen. Elle n'est écrite nulle part; mais c'est l'opinion qui la dicte, et personne ne tente de la violer. Un empereur orthodoxe était, à ce moment, aussi impossible à Constantinople qu'un roi huguenot à Paris, en 1 58o. Quand Valens reçut l'Orient des mains de son frère, ils étaient l'un et l'autre bons Nicéens. En toutes choses et toujours, Valens se subordonna à son aîné. Mais, sur la question religieuse, il se sépare de lui sans hésiter. Non content de cesser d'être orthodoxe, il se fait arien résolu et persécuteur. Le même Valens meurt en 378, laissant la totalité du pouvoir à son neveu Gratien, très engagé alors dans la répression de l'arianisme. Le neveu va-t-il modifier, dans le sens de sa propre foi, la politique religieuse de l'oncle défunt? Il n'a garde. Orthodoxe à Milan, à Constantinople c'est Arius qui devient son guide doctrinal. Au fond, les empereurs ne pouvaient se passer de l'adhésion des évêques; les évêques n'étaient rien que la représentation des sentiments du plus grand nombre; et le plus grand nombre, quand les questions l'intéressaient, ne supportait pas d'être contredit. Voilà ce qu'il faut bien savoir.
Confusément, irrégulièrement, mais avec une rare énergie, c'est le gouvernement populaire qui fonctionne. 11 présente les avantages et les inconvénients qu'on lui avait connus alors qu'il remplissait l'histoire des plus nobles villes de l'antiquité. Il s'enrichit, en outre, de certains procédés, évidemment très nouveaux, et qui le rendent plus représentatif, au sens moderne du mot. Si Ton m'invitait à désigner l'époque