‹ La chronique de Sulpice SévèreChapitre 94 sur 198 · PROLÉGOMÈNES CXXI · texte numérisé non relu

PROLÉGOMÈNES CXXI

OÙ s'exerça avec plus d'entrain, de verve et de virulence « la liberté de la presse », j'indiquerais, comme d'ailleurs je l'ai fait en maint endroit de ce volume, les attaques d'Athanase et d'Hilaire de Poitiers contre Constance, les diatribes furibondes de Lucifer de Cagliari contre ce même empereur et les satires affreusement envenimées de Grégoire de Nazianze contre Julien. Or, on ne parle sur ce ton aux pouvoirs établis que lorsqu'on se sent soutenu par les suffrages de tout un public et qu'on se sait, — cela est vraiment nouveau, — en communion passionnée avec Tâme populaire. Tel était le cas des évêques au IV® siècle. Ce lien entre eux et la multitude se discerne mal, parce que, en parlant d'eux, on est entraîné à les toujours personnifier dans cinq ou six hommes très éminents, écrivains, théologiens, orateurs, seuls mis en vedette par l'histoire, et que le halo particulier aux délégués delà divinité enveloppe et déguise. On oublie ainsi que l'épiscopat, comme il a été remarqué plus haut, n'était certes pas une élite restreinte et distinguée; les Ydace, les Ithace et pire encore surabondent dans cette foule très mêlée, ce qui faisait dire à Jérôme : wTous les évêques ne sont pas évêques; vous cher- » chez Pierre, et c'est Judas qui se présente; au lieu » d'Etienne, vous rencontrez Nicolas'. » Or, il existe un moyen de se représenter sous un aspect réel et positif les plus grandes individualités épiscopales : c'est d'étudier le personnel qui se presse autour de ces patrons vénérés. Cet entourage s'appelait un

I. c Non omnes EpUcopi EpiscopisunU Attendis Petrum, sed etjudam considéras. Stéphannm respicis, sed et Nicolaum aspicis. » (Contra Vigilantiuin.)

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