‹ La chronique de Sulpice SévèreChapitre 95 sur 198 · CXXII PROLÉGOMÈNES · texte numérisé non relu

CXXII PROLÉGOMÈNES

clergé : je lui donnerais plus volontiers le nom d'état-major, tant il est ardent à la bataille, âpre à la curée et dévoué aux vues de son chef. Ceux qui le composent n'ignorent pas que ce chef est puissant, qu'il a la disposition d'un riche patronage, que cette puissance et cette richesse lui viennent de l'adhésion de la foule, et enfin que, pour en tirer un durable profit, l'accord doit être maintenu entre les représentants et les représentés. Ils se conduisent en conséquence. Sans regarder de trop près aux moyens, ils poussent parfois celui à qui ils servent de gardes du corps dévoués vers des routes singulièrement scabreuses..

En tout cela, manifestement, la délégation mystique compte pour bien peu de chose. On ne se préoccupe guère d'elle, même chez les plus éminents parmi les élus épiscopaux. Aiguillonnés par leurs collaborateurs, ils oublient souvent de garder le ton de la piété; leurs manières manquent d'onction et l'audace ni la ruse n'ont rien qui les effraie beaucoup, quand il en est besoin. Ils s'entendent à menacer et à maudire. En plein air, dans la rue, sous le porche des basiliques, ils savent lancer les paroles qui enflamment les têtes, intimident l'adversaire et parfois le détruisent. Heureux quand la houlette pastorale ne se change pas en bâton d'assommeur, comme il arriva pour l'élection de Damase au siège de Rome. Ce Damase paraît avoir été un homme sincère, dévoué, extrêmement doux; mais ses amis n'en laissent pas moins, à certains jours, une centaine de morts sur le carreau. (Cf. p. 5o8.) A cet instant- là, à Rome, on

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