‹ La chronique de Sulpice SévèreChapitre 98 sur 198 · PROLÉGOMÈNES CXXV · texte numérisé non relu

PROLÉGOMÈNES CXXV

doute; surtout avec moins de discernement et de retenue; mais, d'autre part, avec plus de rudesse et d'opiniâtreté. Étant plus près des électeurs, vivant de leur vie quotidienne, il partageait toutes leurs passions. Sous la lumière de ce dernier détail, on peut concevoir comment le grand mouvement qui faisait passer la puissance et l'influence aux mains d'hommes qui ne disposaient d'aucun des éléments dont est composé le pouvoir, s'opérait avec une force si irrésistible. C'était la grande innovation, aussi profonde qu'inaperçue, de ces temps-là; la venue au jour du pouvoir spirituel, qui surgissait alors de l'impulsion démocratique : la donnée mystique ne prévaudra que plus tard.

Je force peut-être un peu les nuances, mais jusqu'ici on les avait trop effacées en négligeant de les bien dater. Rufin, qui écrivait presque au même moment que Sulpice, raconte au livre I**^ de sa continuation de l'histoire ecclésiastique d'Eusèbe que Constantin disait aux évêques réunis à Nicée pour le concile: «Dieu, en vous constituant « sacerdotes >», » vous a ainsi donné le droit de nous juger (nous » = les rois). Vous pouvez être nos juges; nous, nous » ne pouvons être les vôtres; car, vous. Dieu seul • peut vous juger ^ » Cette phrase, lue en son lieu historique et dans son contexte, n'est rien qu'une formule que Constantin emploie pour se débarrasser poli-

I. c Deus vos couttituit sacerdotea et potesiaUm vobis dédit de nobis qtâoquejudicandi; et idéo a vobis recte judicamur. Vos autem, non potestis ab kominibua judicari^ propter quod Dei solius inier vos exspsctars judicium et vesira jurgia quaecumque suni^ ad illum divinum reserventur examen. > (1, 2.)

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