‹ La Chronique du palais de JusticeChapitre 16 sur 27 · II · texte numérisé non relu

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deur d'Espagne placé non loin de lui, que dites-vous de cette bravade ?

— Sire, f avais prévu la réponse , fit le Castillan ; et les propositions que pourrait faire votre majesté , d'après le lit de justice de ce jour, n'auraient pas d'autres résultats : l'exécution du traité ou rien, tel est le ferme vouloir de l'empereur.

— Eh bien ! s'écria François en se levant avec impétuosité, et menaçant l'orient du poing, nous, François, par la grâce de Dieu, roi de France, seigneur de Gènes, etc., à vous, Charles, par la même grâce, élu empereur de Rome et des Espagnes , vous faisons entendre que si vous nous avex voulu <Hi voulet chaîner de choses qu'un gentilhomme aimant son honneur ne doive faire , nous disons que vous avez menti par la gorge, et qu'autant de fois vous le direz, vous mentirez; par quoi, désormais ne nous écrivez aucune chose, mais nous assurez le champ, et now vous porterons les armes, protestant que la koole de tout délai sera vôtre, vu que, venant au combat, c'est la fin de toute écriture 1

Et au milieu du frémissement de surprise

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et de terreur qu*excilait celle déclaration véhémente :

— Héraut du roi de France , continua-t-il en a'adressant A Guyenne , portez ce cartel à l'empereur, et qu'il y réponde , s'il n'est pas un lâche ! Pour vous , monsieur l'ambassa^ deur impérial, dit-il en se tournant vers le Castillan, vous n'avez que dire â Paris, et bien fevea de quitter la ville en hâte.

Ainsi se termina cette séance ouTerte sous de si imposans auspices ; chacun se retira plein de douleur, et bientôt Tannonce d'un duel entre les deux plus puissans monarques de l'Europe préoccupa tous les esprits.

Mais cette afiaire , entamée d'une manière si dramatique , devait avoir, après de longs délais , le plus mesquin des résultats. Charles- Quint ne reçut le défi que plus de trois meis après. Au lieu de finir toutes écritures , comme le demandait François P^, et dç régler immédiatement le lieu et les conditions du combat , il expédia Bourgogne , son héraut , avec une longue réplique. Arrivé à Paris le 9 septembre, après un voyage entravé de mille lenteurs, Bourgogne fut conduit au Palais, où le roi siégeait dans le même appareil que le

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jour du lit de justice. Ayant que le héraut eût ouvert la bouche, François I*'' commanda brusquement à ce messager de lui remettre V assurance du champ , s'il la tenait de Tempe* reur. Le héraut ne voulut point remettre cette auurancê avant d'avoir lu au roi la lettre et le cartel de Charles-Quint François , avec un emportement et une obstination singulière, refusa de permettre à Bourgogne de remplir son ministère. Cet officier, fidMe au cérémonial et à Fesprit de la profession héraldique 9 ne céda pas , et le roi , le laissant partir, refusa de recevoir la réponse de l'empereur.

Certes , il ne fallait pas moins que le souvenir des grands coups d'épée de Marignan et de Pavie » pour qu'une telle conduite ne ruiiiât pas le renom chevaleresque de François I*'.

Ll tmm DE BII2 ET SON CENDRE COOCÎVERVINS.

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