Le 22 novembre. La sainte Catherine tombe le
sire de Bosqueaulx fiirerit mandez à venir audit lieu de Paris, à tout giand nombre de gens d'armes, pour la garde et résistence d'icelle, et aussi pour acompaigner ledit duc d'Acquitaine. Et avecques ce fut mandé de rechef le comte d'Armaignac qu'il venist à Paris le plus brief que faire se pourroit , à tout la plus grant puissance de gens d'armes qu'il povoit fmer. Et le dessusdit duc Jehan, venant de Bourgongne, passa par Troies et par Prouvins et s'en vint à Meaulx en Brye, Duquel lieu on lui refusa l'entrée par le commandement du duc d'Acquitaine et du conseil du Roy, qui leur a voit escript que point ne le meissent dedens. Dont il ne fut point bien content , et pour tant s'en ala à Laigny sur Marne et se ioga dedens la ville et ses gens sur le plat pays, qui de ce fut moult traveillé. Et d'autre part se mirent sus à grant puissance plusieurs capitaines ou pays de Picardie, c'estassavoir messire Martelet duMesnil, Ferry de Mailli, Hector et Phelipe de Saveuses frères , messire Mauroy de Saint-Léger, messire Paien de Beaufort , Loys de Vargines et plusieurs autres, lesquelz en dégastant fort le pays, alèrent audit lieu de Laigny sur Marne devers ledit duc de Bourgongne, qui mandez les avoit. Et tant multiplia sa compaignie qu'ilz furent bien vingt mille chevaulx ou plus.
Durant lequel temps, le roy Loys, sachant que point n'estoit aymé du duc de Bourgongne pour cause du renvoi de sa fille, se parti de Paris tout malade et s'en ala à Angers. Mais avant son département se voult soubmectre de leur discort sur le Roy et son grant conseil, moiennant qu'il feust oy en ses défenses. A quoy icellui duc de Bourgongne ne voult
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aucunement entendre, mais fist respondre à iceulx qui pour ceste cause furent envolez devers lui, que du tort et du blasme que le roy Loys avoit fait à lui et à sa sa fille, il l'amanderoit en temps et en lieu quant il pourroit.
Lequel duc de Bourgongne , de Laigny sur Marne où il estoit, envoya à Paris devers le Roy et son conseil messire Jehan de Luxembourg, le seigneur de Saint George et plusieurs autres notables conseillers , qui exposèrent pleinement au conseil du Roy la cause de sa venue, en faisant sa requeste qu'il peust entrer en Paris avecques toute sa puissance, pour la seureté de sa personne. Mais sur ce ilz ne eurent quelque response, si non que le Roy envoieroit bien brief devers leur seigneur le duc de Bourgongne, pour lui faire response. Lequel y envoya maistre Jehan de Vaily, président en Parlement , et aucuns autres ambaxadeurs du conseil du Roi. Mais en la fin , après plusieurs traictiez et ambaxades, il ne peut finer au conseil du Roy ne aux Parisiens , d'entrer à puissance dedans ladicte ville de Paris. Aincois lui fut dit que s'ily vouloit entrer en son simple estât , le Roy et son conseil en estoient contens , et non autrement. Ce que ledit duc de Bourgongne n'eust jamais fait, car bien sçavoit que ceulx qui gouvernoient le Roy estoient ses mortelz ennemis*.
1 . « Et ne s'i fust pour rien fieés t> (add. du Siippl. fr. 93).