‹ La chronique (volume 2)Chapitre 13 sur 205 · Edouard m · texte numérisé non relu

Edouard m

3. On vient de voir que cet office lui était contesté par le seigneur de Dampierre.

4. Les mots, damoisel de Commercy, ne se trouvent pas ^a/>/>/. fr. 93.

Voians qu'ilz dévoient estre asségez , firent abatre, ardoir et démolir plusieurs églises, maisons et notables édifices. Mais ce non obstant, le Roy et ses princes là venus, furent iceulx très puissamment et de près asségez et approchez des gens du Roy. Lequel Roy et son conseil, à son advènement devant Soissons, fist notablement sommer ceulx de ladicte ville afin qu'ilz lui feissent obéissance, ou se ce non, ilz estoient en voie de perdicion. Mais non obstant lesdictes remonstrances à eulx faictes , se conclurent de eulx défendre et résister contre toute la puissance du Roy, espèrans d'avoir secours par leur seigneur et maistre le duc de Bourgongne, lequel leur avoit promis secours dedens certain jour par lui assigné. Or est ainsi que le Roy se loga dedens l'abbaye de Saint Jehan des Vignes , de l'ordre de saint Augustin, et les ducs d'Acquitaine et d'Orléans se logèrent en l'abbaye saint Crespin, et les autres princes et seigneurs en autres lieux par ordonnance, le mieulz qu'ilz peurent. Dedens la ville, avec ledit Enguerrant estoient messire Colart de Fiennes, Lanion de Laniioy, messire Pierre de Menau, Gile du Plessier, le viel seigneur de Menau , remply d'aage et de richesse , et Guiot le Boutiller, avec plusieurs autres gens de guerre des pays de Boulenois, d'Artois et de Picardie , et si avoit bien avecques eulx quarante combatans anglois. Mais, pour aucun descord, le com^iun et les bourgois de la ville ne furent point bien d'accord avecques les gens dudit Enguerrant, dont la force d'icelles parties fut moult afféblie. Ce pendant les gens du Roy, de jour en jour mectoient grant peine et faisoient diligence de grever ladicte ville, c'estassavoir de grosses bombardes, canons, bricoles et

autres habillemens de guerre, lesquelz souventesfoiz de jour et de nuit gectoient contre les portes, tours et murailles de ladicte ville. En laquelle besongne tant continuèrent que lesdiz asségez furent moult traveillez par les engins dessusdis et leurs murailles dérompues en plusieurs et divers lieux. Finablement, le xxi* jour de may fut icelle ville assaillie très terriblement par les gens du Roy, à tous costez. Ouquel assault furent faiz nouveaulx chevaliers, Loys, duc en Bavière, le conte de Richemont et le Prévost de Paris et plusieurs autres. Pareillement à l'autre costé l'avantgarde du Roy, où estoient le duc de Bar, le conte d'Armignac, Remonnet de La Guerre et plusieurs autres capitaines, assaillirent très vaillamment lesdiz asségez. Et en autres lieux , tout autour la ville , les princes , clias^ cun à son costé, firent baster et efforcer l'assault tellement et si fort , que non obstant la grant défense et résistence d'iceulz asségez, s'en vindrent iceulx assaillans jusques à une grant roupture de mur que avoient fait lesdiz engins du Roy, et là se combatirent les ungs contre les autres , de lances , de haches et d'espées, main à main. Et durant cest assault le capitaine des Anglois , qui estoit dedens la ville avecques ledit Enguerrant, lequel paravant avoit parlementé avec aucuns Anglois qui estoient en l'ost, fist destouper * une porte vers 'la rivière , par laquelle premièrement entrèrent les gens du conte d'Armaignac , lesquelz tantost mirent au plus hault de la tour la bannière et enseigne dudit conte d'Armaignac, et mesmes grant partie desdiz Anglois se tournèrent hastivement contre

Page 1