‹ La chronique (volume 2)Chapitre 14 sur 205 · Débarricader · texte numérisé non relu

Débarricader

ceulx de ladicte ville. Et assez tost après lesdiz assaillans entrèrent par plusieurs costez en ladicte ville de Soissons, à grant puissance, mettant à Tespée tous ceulx qu'ilz encontroient, tant de gens d'armes comme de commun de la ville. Et en celle désolacion Enguerrant de Bournonville, qui chevauchoit vigoreusement en plusieurs parties de la ville tout autour d'icelle pour rehaiter' ses gens et les rafermer en ordonnance , fut poursuy par une porte en une petite rue où il passoit des gens Remonnet de La Guerre, en laquelle rue avoit une chayne tendue, mais les dessusdiz le hastèrent par telle manière qu'il falust qu'il se retrahist, et par force cuida faire saillir son cheval par dessus la chayne devantdicte, mais il demoura sur ladicte chayne sans povoir passer oultre, et tantost fut prins par ung des gens dudit Remonnet, lequel le mena à son maistre , qui en fîst grant joye. Les autres gens de guerre, voians la prinse de ladicte ville, se retrahirent en plusieurs et divers lieux dedens les portes et es tours de ladicte ville. Et là, en parlementant à leurs ennemis, se rendoient par tel si, qu'ilz leur promectoient de leur saulver la vie, et les autres, en défendant leurs gardes, furent prins ou occis. Et fmablement, tant des gens d'armes du duc de Bourgongne comme des bourgois de Soissons, furent que prins que mors , en icelle journée , mieulx de douze cens hommes.

Tant qu'est à parler du desroy que firent les gens du Roy en ladicte ville de Soissons, il n'est point à estimer. Car après qu'ilz eurent robe et pillé tous les

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