‹ La chronique (volume 2)Chapitre 183 sur 205 · CHAPITRE CGX · texte numérisé non relu

CHAPITRE CGX

Comment le duc Thomas de Clarence conquist la fortresse de Gisors. Le siège de Saint-Martin le Gaillart. Et autres besongnes.

Item , assez tost après le roy d'Angleterre fist très puissamment asséger la ville de Gisors par le duc de Clarence, son frère. De laquelle ville estoit lors capitaine Lionnet de Bournonville, et dedens, Daviot de Goy, lesquelz desdiz Anglois furent tant approuchez

qu'en la fin de trois sepmaines rendirent ladicte ville et fortresse, en partie par faulte de vivres, audit duc de Clairence, par ainsi qu'ilz s'en yroient eulx et leurs gens saufz leurs corps et leurs biens, et les habitans de ladicte ville demourèrent en l'obéissance dudit roy d'Angleterre, en faisant à lui serement de féaulté. Et ainsi se départirent les dessusdiz et s'en alèrent à Beauvais devers le sire de l'Isle-Adam.

Et tost après fut asségée la forteresse de Saint-Martin le Gaillard *, dedens laquelle estoit Rigault de Fontaines et messire Carados des Quesnes, avec aucuns autres, qui tousjours avoient tenu la partie du Daulphin et d'Orléans. Ouquel lieu, desdiz asségans estoit capitaine ung moult vaillant homme, nommé messire Phelippe le Lis. Mais de ladicte fortresse se parti de nuit secrètement, non obstant ledit siège, et se tira vers le seigneur de Gamaches qui se tenoit dedens Compiengne, auquel il requist très instamment qu'il voulsist assembler gens de guerre pour lever le siège dessusdit. Lequel seigneur de Gamaches , le plus brief qu'il peut, fist une très grosse assemblée de gens d'armes et manda Anthoine et Hugues de Beausault, frères, et moult d'autres gentilz hommes tenans la partie du Daulphin, et aussi tenans la partie de Bourgongne, tant qu'il mist bien sus seize cens combatans , avec lesquelz chevaucha au lieu dessusdit, et vint vers soleil levant au dessus de ladicte fortresse, et là mist ses gens en ordonnance, et commist trois cens combatans à aler devant pour gaigner les barrières qu'avoient faictes les dessusdiz Anglois. Ausquelles barrières furent trou-

Page 1