‹ La chronique (volume 2)Chapitre 192 sur 205 · Nouvion-le-Comte {Aisne · texte numérisé non relu

Nouvion-le-Comte {Aisne

3. Dans les imprimés, c'est par cet alinéa que commence le chapitre ccxix.

Zit ' CHRONIQUE [UtiO]

^ CHAPITRE GGXIX.

Comment la fortresse de Fontaine -Lavagan et le chastel de Dunin furent mis en l'obéissance, l'un des Anglois, et l'autre du Vidame d'Amiens. Et autres matières.

Item, en ce temps le conte de Hontiton et le seigneur de Cornouaille dessusdiz mirent le siège, à tout trois mille combatans, devant la fortresse de Fontaine- Lavagan*, laquelle durant toute la guerre avoit toujours tenue la partie d'Orléans et point n'avoit esté subjuguée. Pour quoy le pays de Beauvoisis , les marches de Normendie, d'Amiennois, et autres à l'environ, par icelle avoient été moult traveillez et par long temps. Toutesfoiz, au bout de trois sepmaines ou environ après ledit siège mis, ceulx qui estoient dedens iadicte fortresse la rendirent ausdiz asségans, par telle condicion qu'ils s'en alèrent sauf leurs corps et leurs biens, et après qu'ils furent départis, Iadicte fortresse fut abatue et toute désolée et mise à ruine.

Et d'autre part, le xix^ jour de janvier, le chastel de Dunin ' fut mis à l'obéissance du vidame d'Amiens par certains moiens qu'il eut à ceulx de dedens. Lequel chastel, comme celui de Fontaine-Lavagan, avoit toujours tenu le party d'Orléans et fait moult de travaulx par long espace aux villes d'Amiens, Corbie, Mondidier et en tout le pays à Tenviron. Et fut prins dedens ung gentil homme d'armes nommé Bigas , de nacion normant, et la dame dudit lieu, femme de messire

i . La Fontaine-la-'Vaganne (Oise, arr. de Grand villiers). 2. Lisez Duiïiin, comme plus haut.

Colart de Colleville, avec aucuns autres aussi, et grant nombre de biens.

Item, en ces jours le duc de Bourgongne et toute sa ' puissance se prépara pour aler devers le roy Charles à Troies en Champaigne, mandant destroictement par tous ses pays, que tous ceulx qui avoient acoustumé de porter armes feussent prestz pour le compaigner ou voiage dessusdit. Et de Gand où il estoit s'en vint à Arras, et la duchesse sa femme, et là constitua à estre son chancelier maistre Jehan de Thoisy, ëvesque de Tournay. Si assembla par la vertu desdiz mandemens très grant nombre de gens d'armes.

î Item, le samedi après les Trois Roys furent les trêves criées entre les roys de France et d'Angleterre par tous les pays du roy de France qui estoient en son obéissance et du duc de Bourgongne, depuis Paris jusques à Boulongne sur la mer et jusques à Troies en Champaigne, durans jusques à la my-mars ensuivant, sur forme et espérance d'avoir paix finable entre les deux dessusdiz.

Item, en ce temps les Anglois, à grant puissance, soubz la conduite du conte de Hontiton et dudit de Cornouaille, alèrent devant la ville et chastel de Clermont en Beauvoisis, laquelle ville ilz assaillirent trèspuissamment. Mais elle fut moult bien défendue par ceulx de dedens. Et, pourtant que desdiz Angloi^ y eut aucuns mors et navrez oudit assault, boutèrent les feux et ardirent le bourg Saint-Andrieu, où il avoit moult de belles maisons et notables édifices. Et après fourragèrent toute la conté de Clermont, et amenèrent grans proies avecques eulx. Lesquelz s'en retournèrent en la duché de Normendie.

Page 1