Les Bénédictines d'Avesne-lez-Bapaume
Jelian de Jumont et Adam d'Arclus', lesquelz venus devant ledit duc d' Acquitaine , leur demanda pour quoy ilz ne faisoient ouverture au Roy leur souverain seigneur, de ladicte ville et chastel de Bapaumes. Les- (juelz lui respondirent très humblement qu'ilz le gardoient pour le Roy et pour lui qui estoit filz ainsné du Roy, par le commandement du duc de Bourgongne, qui ainsi leur avoit baillé en garde , et requirent audit duc d'Acquitaine qu'on leur donnast trêves jusques au mardi prochain ensuivant' afin qu'ilz peussent envoler devers ledit duc de Bourgongne pour sçavoir qu'il vouloit faire et ordonner de ladicte ville et chastel. Lesquelles trêves leur furent tantost octroiées et confirmées. Et dedens lequel jour envolèrent devers ledit duc lui remonstrer la grande puissance qui estoit devant eulx, et aussi la petite provision qu'ilz avoient de vivres pour gens et clievaulz. Laquelle remonstrance oiiye dudit duc, conclud avec iceulz et fut content qu'ilz rendissent la ville et le chastel de Bapaumes au Roy et à son filz le duc d'Acquitaine, sauf leurs corps et leurs biens. Pour quoy, eulx retournez à ladicte ville de Bapaumes, rendirent ladicte ville et le chastel au Roy et à son filz d'Acquitaine. Si partirent de là les gens d'armes avec tous leurs biens. Et estoient environ cinq cens bacinetz et trois cens archers, lesquelz tous ensemble s'en alèrent à Lisle devers le duc de Bourgongne leur seigneur. Mais à leur départie furent détenus le varlet Caboche, qui portoit son estandart, et deux marchans
i . a Jehan de Jeumont et Adam d'Avelus » {Suppl. fr. 93). 2. 4 7 juillet.
de Paris, desquelz l'un estoit nommé Martin de Coiilommiers, et eurent tous les troiz les colz coppez. Et aussi, Martellet du Mesnil et Galifre de Jumelles furent arrestez , pour tant qu'ilz avoient esté dedens Compiengne. Mais depuis furent délivrez.
En ces mesmes jours fut publié au son de la trompeté que tout homme de quelque estât qu'il feust, marchant ou autre , repairant en l'ost du Roy, portast la droicte croix ou là bende, sur peine de confiscation de corps et de biens.
En ce temps aussi furent envoiez de par le Roy et son conseil aucuns ambaxadeurs en la ville de Cambray, à l'encontre du duc de Brabant et de la dame de Haynuau*. Desquelz ambassadeurs furent les priiicipaulx, le seigneur d'Ivry, natif de Norraendie , le seigneur de Ligne , natif de Haynnau *, garde du scel de secret du Roy, et plusieurs chevaliers et autres jusques au nombre de deux cens bacinetz. Lesquelz venus à Cambray eurent parlement avec ledit duc de Brabant et ladicte dame de Haynnau, mais nullement ne porent estre d'accord, ne condescendre au traictié de la paix. Et pour tant, lesdiz chevaliers retournèrent à leur ost, et le duc de Brabant et la contesse de Haynnau, à Lisle devers le duc de Bourgongne leur frère, lui signifier qu'ilz n'avoient peu riens exploicter ne besongner devers le Roy.
1 . Antoine de Bourgogne , frère du duc de Bourgogne , et Marguerite de Bourgogne, femme de GuiHaume IV, comte de Hainaut.