‹ La chronique (volume 2)Chapitre 50 sur 205 · Ce mot , comme on sait , se pronoDçait Tonnerre · texte numérisé non relu

Ce mot , comme on sait , se pronoDçait Tonnerre

et admirai de France , alant devers le duc de Bourgongne , à tous deux cents combatans ou environ , fut rué jus et destroussë de tous poins , qu'onques de sa compaignie n'en eschapa qu'un seul homme, lequel se nommoit Tambulan , qui se saulva par fuite, et tous les autres , comme dit est , furent mors ou prins. Laquelle destrousse par semblant despleut moult au duc de Bourgongne. Item, pareillement Hector de Saveuses , qui fort avoit guerroie les gens du Roy devant A.rras, fut prins, en faisant le pèlerinage de Léesse, des gens du Roy et mené à Paris. Et de fait, se n'eust esté par le pourchas et prière de la contesse de Haynau , il eut esté exécuté. Et aussi que Phelippe de Saveuses son frère print prisonnier Henry de Boissy seigneur de Chaule, et Eustace d'Agne seigneur de Sarten, lesquelz deux avoient de leurs prochains amis au conseil du Roy qui firent grant diligence que ledit Hector ne fut exécuté, afin que leurs amisdessusdiz feussent délivrez; et par ces moiens icellui Hector fut mis à pleine délivrance.

Pour lesquelles besongnes et plusieurs autres , non obstant la paix faicte devant Arras, y avoit-il peu de seureté et d'amour. Car la partie du duc d'Orléans se tenoit devers le Roy et le duc d'Acquitaine. Pour quoy ceulx de la partie de Bourgongne et tous ses favorables n'avoient quelque accès ne gouvernement devers le Roy, ains estoient traictiez en rigueur de justice très durement. Et en pareil cas , ledit duc de Bourgongne très rigoreusement traictoit et souffroit estre traictez ceulx de la partie d'Orléans qui lui avoient esté contraires la guerre durant. Néantmoins, tellement quellement fut la paix partraictée.

Durant lequel temps la contesse de Haynnau à tout grande et notable compaignie , par Vermandois , par Noion et par Compiengne vint à Senlis. Avecques laquelle "vindrent les députez des trois Estas de Flandre moult noblement. En après vindrent le duc de Brabant et le conseil du duc de Bourgongne , c'est assavoir l'évesque de Tournay, le seigneur de Rong , sire Guillaume Bouvier , gouverneur d'Arras , maistre Thierry le Roy et aucuns autres , lesquels après la requeste du conseil du Roy alèrent à Paris pour plus convenablement traicter, excepté ladite contesse de Haynau, à laquelle son seigneur et mary avoit défendu, et mandé par lectres que elle et ses gens de son hostel n'alassent point oultre Senlis. Ouquel lieu elle fut honnorablemet receue par le duc d'Acquitaine accompaigné du duc de Berry, lesquels vindrent de Paris à rencontre d'elle, et après fut visitée des autres princes du sang royal, et mesmement de la duchesse de Bourbon , laquelle vint de Clermont à Senlis par l'accord du duc de Bourbon son mary, pour icelle festier, et demoura avecques elle trois jours jusques au retour d'icelle.

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