‹ La chronique (volume 2)Chapitre 52 sur 205 · CHAPITRE GXXXVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE GXXXVI

Comment trois Portingalols firent fait d'armes contre trois François en la présence du Roy.

Item, en ces jours, à Saint-Oyn, l'ostel du Roy dehors Paris, fut fait ung champ de trois Portingalois, c'estassavoir le premier, le seigneur d'Alveron, le second messire Jehan Consale et le tiers messire Pierre Consale , contre trois françois dont le premier estoit nommé messire François de Grimaulx, le second Marigon, et le tiers Larecque*. Si furent premiers amenez au champ les trois Portingalois pour ce qu'ilz estoit appelans, par le conte Dourset, oncle du roy d'Angleterre, et les autres seigneurs anglois. Et les François furent amenez par messire Clugnet de Brabant, admirai de France, et Jehan, frère au duc de Bar, avec plusieurs autres nobles hommes. Et lors, après ce que les cris furent fais de par le Roy en la manière accoustumée, vindrent ensemble et commencèrent à combatre l'un contre l'autre moult asprement. Mais en la fin lesdiz portingalois se rendirent aux françois, vaincus, pour doubte de la mort; dont les Anglois qui les avoient amenez ou champ, eurent grande

indignacion et desplaisance. Et adonc iceulx , par l'ordonnance du Roy et de son conseil, furent les premiers mis hors des lices , et les dessusdiz françois furent après ramenez moult honnorablement , aians grande léesse de leur victoire.

En oultre , après toutes ces besongnes, la contesse de Haynnau et toute sa compaignie se parti de Senlis et s'en retourna arrière en son pays devers son seigneur et mary le duc Guillaume. Et pareillement se partirent les Anglois après ce qu'ilz eurent esté festiezet honnorez du Roy et de ses princes et qu'ilz eurent receu plusieurs dons. Toutesfois ilz ne besongnèrent riens de ce pour quoy ilz estoient venus, c'estassavoir le mariage de leur roy à la fille du roy de France , pour ce qu'ilz faisoient demandes trop excessives, comme la duchié de Normendie et la conlé de Pontieu avec la ducliié d'Acquitaine, à en joir hèréditablement et à tousjours. Et leur fut respondu que le Roy envoieroit ses ambaxadeurs en Angleterre devers leur roy pour faire response finale sur les requestes qu'ilz avoient faictes.

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