‹ La chronique (volume 2)Chapitre 65 sur 205 · Southampton · texte numérisé non relu

Southampton

[1415] D'ENGUERKA.N DE MONSTRELET. 79

en union et maintenant ilz sont divisez , et adonc ilz avoient coustume de soy exaulcer par tout le monde par leurs glorieuses victoires, et estoient à iceulx une seule vertu d'embelir et décorer la maison de Dieu , à laquelle appartient saincteté , et mectre paix es régions de l'Eglise en mectant par leur bataille concordable eureusement les ennemis publiques en leur subjection. Mais hélas! icelle foy de lignage a perverti occision fraternelle, et Loth persécute Abraham par impulsion humaine. La gloire d'amour fraternelle est morte et la distance de humaine condition , ancienne mère de ire , est ressuscitée de mort à vie. Mais nous contrestons * le souverain juge en conscience, qui n'est ployé ne enclin par prières ou par dons^, que à nostre povoir par amour nous avons procuré les moiens de paix. Se ce non, nous laisserions le juste tiltre de nostre héritaige ou préjudice de nostre antiquité. Nous ne sommes point tenus par si grant adnuUement de petit courage , que nous ne vueillons combatre jusques à la mort pour justice. Mais l'auctorité escripte ou Livre Deuteronomme enseigne que, à quelque cité que l'omme viendra pour icelle impugner et combatre, il lui offre paix. Et jà soit que violence ravisseresse de justice a soubstrait et de long temps la noblesse de nostre couronne et noz drois héritiers, toutesfoiz charité de par nous, en tant qu'elle a peu , a fait son devoir pour le recouvrer d'iceulx et le remectre au premier estât. Et ainsi donques , par défaulte de justice nous pouvons avoir

1 . Œ Mais nous contestons » {Suppl. fr. 93). Ce qui vaut mieux, comme synonyme à^ attestons.

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