Briauté » {Ihid
ment icelle moult travaillèrent de grosses pierres, en dommagant les murs. D'autre part y ceulx de la ville moult fort se défendoient d'engins et d'arbalestes, occians plusieurs desdiz Anglois. Et sont a ladicte ville d'Harfleu tant seulement deux portes, c'estassavoir la porte de Moustiervillier et la porte de Calcinances, par lesquelz ilz faisoient souvent de grandes envayes contre lesdiz Anglois, et les Anglois fort se défendoient. Icelle ville estoit moulte forte de murs et de tours moult espesses, fermée de toutes pars et environnée de parfons fossez. Mais adonc advint ausdiz asségezune male-aventure. Caries chariotz chargez de pouldre à canon , envoiez à iceulx par le Roy, furent prins des asségans.
Durant lequel temps furent envoiez de par le roy de France à Rouen et en la frontière contre lesdiz Anglois, à tout grant nombre de gens d'armes, le connestable, le marescbal Bouciquault, le séneschal de Haynnau, le seigneur de Ligne et de la Hamède, messire Clugnet de Brabant et plusieurs autres capitaines, lesquelz, à tout leurs gens, très diligemment gardèrent le pays, et tant que iceulx Anglois estant oudit siège de Harfleur ne prindrent aucune ville ne fortresse sur les François, jà soit ce que à ce faire ilz meissent grant peine par plusieurs foiz. Et chevauchèrent très souvent à grant puissance sur le plat pays pour quérir vivres et aussi pour rencontrer les François leurs ennemis. Ouquel pays firent très grant dommage, et ramenoient souvent en leur ost grans proies. Toutefoiz, par le moyen de ce que les François les gardoient de si près, eurent assez de disète de vivres. Car avec ce, ceulx qu'ilz avoient apportez furent pour la plus grant
partie gastez de l'air de la mer. Et avec ce, se féry entre eux une maladie de cours de ventre, dont il en mourut bien deux mille ou plus. Entre lesquelz furent les principaulx, le conte de Stafort, l'évesque de Norweghe *, le seigneur de Beaumont, de Trompenton et Maurice Brunel, avec plusieurs autres nobles. Néantmoins ledit roy d'Angleterre, en grant diligence et labeur, persévéra tousjours en son siège, et fist faire trois mines pardessoubz la muraille, qcd estoient prestes pour effondrer, et avec ce fist par ses engins confondre et abatre grant partie des murs, tours et portes d'icelle ville. Pour quoy fmableraent, lesdiz asségez sachans qu ilz estoient tous les jours en péril d'estre prins par force, se rendirent audit roy anglois et se mirent à sa voulenté, ou cas qu'ilz n'aroient secours dedens trois jours ensuivans. Et sur ce baillèrent leurs ostages, moieunant qu'ilz aroient leurs vies saulves et seroient quictes pour paier finances. Si envolèrent tantost le seigneur de Hacqueville devers le roy de France et le duc d' Acquitaine, cjui estoient à Vernon sur Seine, leur dénoncer leur estât et nécessité, en suppliant qu'il leur voulsist envoler secours dedens les trois jours dessusdiz, ou autrement il perdroit sa ville etceulx qui estoient dedens mis. A briefdire il leur fut respondu que la puissance du Roy n'estoit point encor assemblée ne preste pour bailler ledit secours si haslivement. Et sur ce retourna ledit seigneur de Hacqueville à Harfleur. Laquelle ville fut mise en le main du roy d'Angleterre le jour Saint Maurice', à la grant