‹ La chroniqueChapitre 101 sur 196 · Fierbourg. » [Suppl. fr · texte numérisé non relu

Fierbourg. » [Suppl. fr

duc fut pour lui en grant double qu'il ne feust pi ins ou mort , et pour le rescourre féry son coursier des espérons en escriant haultement à ses gens : « Or sus , avant ! mon frère est prins se nous ne le secourons. » Et lors, à tout grant partie de sa bataille , ala le grant cours jusques à leurs adversaires. Et y eut de rechef moult fort estour et maint homme d'armes porté à terre, mors et navrez, de chascune partie. Et en fin, ceulx de la partie de Bourgogne qui menoient leur avant-garde, laquelle conduisoit Ame de Viri, se retrahirent jusques à leur bataille qui estoit ung petit plus loing. Et le dessusdit bastard, qui avoit este rué jus de son cheval, fut remonté et retourna devers le duc son frère. Et arvant ce jour n'estoit homme, de quelque estât qu'il feust, qui audit duc l'eust oy nommer frère. Si fiu-ent mors, tant d'une partie que d'autre, environ quarante hommes et plusieurs navrez. Après laquelle escarmouche, pour ce qu'il estoit tard, vers le vespre, les deux parties se retrahirent sans plus avant procéder l'un contre l'autre, c'est assavoir ledit duc et ses gens, dedens Villefranche, et l'autre partie se tira, en gastant pays, devers la conté de Charrolois.

D'aultre part messire Richard Daulphin *, maistre d'ostel du Roy, et le seigneur de saint George, d'un costé, et à l'autre costé le seigneur de Heilli, mareschal d'Acquitaine, et Enguerran de Bournonville, furent envoiez en Languedoc et au pays d'Acquitaine et en Poictou, contre le duc de Berri, le conte d'Armaignac et Charles d'Albreth, lesquelz de la partie du duc de Bourgongnedégastèrent moult le pays desdiz seigneurs.

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