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son maistre le duc de Bourgongne , que les enfans de Bourbon qui estoient prisonniers, comme dit est dessus, seroient délivrés. Et quant il fut venu jusques audit lieu de Paris, le duc d'Acquitaine, et par espécial le duc de Bourgongne, le receurent à grant joye. Et aucuns jours ensuivans ledit seigneur de Croy fîst la requeste qu'il avoit promis, c'estassavoir pour les enfans dessusdiz, laquelle finablement lui fut accordée par le Roy et les autres grans seigneurs. Si furent mandez au chastel de Renti, où ilz estoient sans rien paier^ et les conduist messire Jehan de Croy, filz dudit seigneur de Crouy, avec plusieurs de ses gens, jusques aux terres du duc de Berry. Et le filz messire Mansart du Bois, qui avoit esté prins avecques eulx, demoura prisonnier oudit chastel de Renti.

En oultre, ledit seigneur de Crouy , par l'ordonnance et consentement dudit duc de Berry et de la duchesse, fut ordonné de par le Roy gouverneur de la conté de Boulongne et chastellain de Beroth sur Somme \ Et avec ce lui fut donné à sa revenue, de par le Roy, à la requeste du duc de Bourgongne, l'office de grant boutiller de France. Et à messire Pierre des Essars, prévost de Paris, fut donné l'office d'estre maistre des eaues et des forestz, lequel tenoit par avant Walerant, conte de Saint-Pol ; qui de ce fut content.

Lequel conte de Saint-Pol, connestable de France, fîst en ces propres jours ung grant mandement de gens de guerre pour estre à Vernon sur Seine, et assembla bien deux mille bacinetz ou environ et grant planté d'archers, sur intencion de faire guerre à ceulx de

1 . *• Brioch sur Somme. »» Stippl, fr. 93. C'est Briot {Somme).

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Dreux, au conte d'Alençon et à ses gens, qui souventesfois couroient au pays de Normandie et vers Rouen, où ïlz prenoient et desroboient tout ce qu'ilz trouvoient et povoient actaindre. Pour lequel mandement et gens d'armes paier et aussi pour les autres souldoiers et capitaines du Roy qu'il avoit en plusieurs lieux, fut imposée et mise sus une grande taille par tout le royaume de France à paier à deux termes , c'estassayoir, le premier à Quasimodo, et le second en la fin du moys de juing ensuivant. Pour laquelle taille le povre peuple fut moult travaillé. Car avec ce , fut accordé au Roy par le Saint-Père un plein dixiesme, à cueillir par tout le royaume de France et ou Daulphiné, à prendre sur le clergié, à paier comme dessus à deux termes, le premier au jour saint Jehan Baptiste , et le second au jour de la Toussains ensuivant. Dont ledit clergié fut assez mal content ; mais pour tant ne laissail point à estre levé rigoreusement, et y avoit certains commis à le recevoir de par la dessusdicte église.

En oultre le dessusdit conte de Saint-Pol, connestable, se partit de Paris la sepmaine peneuse * et s'en ala audit lieu de Vernon pour assembler et entretenir, comme dit est dessus, les dessus diz gens d'armes, pour les mettre en frontière contre les Orléanois.

i . La semaine sainte.

DE L'Ai\ MCCCCXII.

[Du 3 avril 4412 au 23 avril 1413.]

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