‹ La chroniqueChapitre 13 sur 196 · Penthièvre · texte numérisé non relu

Penthièvre

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En ce temps le cardinal de Bar, filz au duc de Bar, et Guy de Roye , arcevesque de Reims , avec eulx maistre Pierre d'Ailly, évesque de Cambray, et plusieurs autres prélas et autres gens d'église alans au concile général qui lors se tenoit à Pise , furent logez en une ville sur la mer, nommée Voutre*, séant à quatre lieues de Gènes , en laquelle ville le mareschal dudit arcevesque eut noise et content avec ung autre mareschal de ladicte ville pour le salaire de ferrer ung cheval , et tant multiplia la discorde que ledit mareschal dudit arcevesque tua cellui de la ville , et tout prestement il s'en fuit à l'ostel de son maistre à saulveté. Auquel lieu , ceulx de ladicte ville soudainement, en grant nombre , tous esmeuz vindrent pour venger ledit mareschal occis. Et quant ledit arcevesque oy la noise , lui estant en grant ennoy ^ pour ladicte besongne, descend! de sa chambre appellant iceulx doulcement et promectant que prestement il feroit amender ladicte offense à leur voulenté. Et pour mieulx les appaiser il mist son mareschal en la main du juge de la ville, lequel estoit lieutenant de messire Boucicault, mareschal de France , adonc gouverneur de Gênes de par le Roy. Mais ce riens n'y valu, car ainsi que ledit arcevesque parloit à eulx en dehors de Fuis de son hostel, l'un d'iceulx lui lança une javeline parmy le corps droit au cuer, si doloreusement qu'il chey prestement mort sans depuis parler aucune parole. Dont ce fut très piteuse chose, car il estoit très notable prélat, bien condicionné et de noble lignée. Et après que

i . Voltri , à deux lieues et demie ouest de Gènes. 2. En grand ennui , fort troublé.

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ce fut fait, ne leur sufFist point encores à tant, ains mirent encores à mort ledit juge de la ville et ledit mareschal. Et a\ecques ce vouloient efforcer l'ostel du cardinal de Bar, où la plus grant partie des autres s'estoient retrais, pour tout mectre à mort. Toutesfois ilz furent ra'paisez aucunement par aucuns des plus notables d'icelle ville, et tant fut traictié qu'enfin ledit cardinal leur bailla pardon de tout ce qu'ilz avoient mespris contre lui. Et fut à ce conseillé par ses gens, afin qu'ilz ne feussent là tous destruis. Et aussi on ne lui dist point la mort dudit arcevesque jusques à ce qu'il fut bien deux lieues arrière d'icelle ville. Pour laquelle mort, quant elle fut venue à sa congnoissance, il en fut tant desplaisant et ennuieux en cuer qu'à grant peine se povoit-il tenir sur sa mule. Néantmoins ses gens le firent baster le plus qu'ilz porent , car ilz estoient en grant doubte de leurs vies pour l'exemple qu'ilz avoient veu, et aussi qu'ilz veoient par les signes qu'ilz ont ou pays acoustumé de faire quant il y a effroy en une ville, par clocbes qu'ilz sonnent et autrement, lequel signe estoit jà tout parmy le pays, et veoient de plusieurs lieux descendre paysans des montagnes pour courir après euix. Mais quant ilz vindrent à une lieue de la cité de Gênes , le marescbal Bouciquault vint audevant dudit cardinal à très belle compaignie. Lequel cardinal lui fist très grant complainte de l'outrage qui avoit esté fait contre ses gens par ceulz de la ville de Voultre , en lui requérant que par justice il y voulsist pourveoir. Lequel Bouciquault fist response qu'il en feroit si bonne justice que tous autres y devroient prendre exemple. Et après, emmena icellui cardinal en ladicte ville de Gènes, où il fut grande-

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mentreçeu, tant des gens d'egiise comme bourgois. Et en ce mesme jour ftit apporté le corps dudit arcevesque de Reims audit lieu de Gènes , et là fut enterré très honnorablement et son service fait dedens la grant église d'icelle ville. Et tantost après fut prinse grande punicion par ledit mareschal Bouciquault de tous ceulx qu'on peut prendre et appréhender, et aussi de leurs complices , qui avoient fait ceste crijaulté ; et furent mis à mort et justiciez par diverses manières, et avec ce furent leurs maisons abatues et démolies de fons en comble à fin de donner exemple aux autres que jamais ne feissent si cruel ne si horrible murdre- Et adonc le cardinal de Bar et toutes ses gens , se parti de Gènes et ala par plusieurs journées , jusques à ce qu'ilz vindrent en la ville de Pise. Ouquel lieu estoient assemblez très grant multitude de cardinaulx de l'obédience des deux papes , de maistres en théologie , de graduez , tant en décret comme en autres sciences j les ambaxadeurs de divers royaumes et très grant nombre de prélas de toutes les parties de chrestienté. Lesquelz après qu'ilz eurent tenu plusieurs consaulx sur la division de l'Eglise universelle , vindrent enfin à une conclusion , et tous ensemble et d'une mesme voulenté, condemnèrent les deux contendans à la papalité comme hérétiques , scismatiques obstinez en mal et troubleurs de la paix de nostre mère saincte Eglise. Ceste condemnacion fut faicte, présens vingt-quatre cardinaulx, es portes de la cité de Pise, en la présence de tout le peuple. Et le xv^ jour de juing oudit an , les cardinaulx dessusnommez , appellans et invoquans la grâce de Sahit-Esperit, entrèrent en conclave el là furent ensemble par l'espace de

XXVI jours , tant qu'ilz vindrent h conclusion et esleurent Pierre de Candie, natif de Grèce, de Tordre des frères mineurs, docteur en théologie fait à Paris, arcevesque de Milan et cardinal , à vray et souverain éVesque catholique de nostre mère saincte Église. Lequel , en consacrant , appellèrent pape Alexandre , V* de ce nom \ O Dieu tout puissant ! comme grant joye et grant léesse fut adonques par la grande provision de ta grâce. Car adonques n'eust-on peu racompter la grant voix et resjouissance que faisoient ceulx qui estoient et ven oient autour de ladicte cité par l'espace d'une lieue ou environ. Mais que pourrons nous dire de la cité de Paris ? Certainement quant de ce ilz oyrent les nouvelles , ce fut le viii" jour de juillet , ilz furent remplis de si grant joye qu'ilz ne cessoient de crier, nuit ne jour, par les places et par les rues , à haulte voix : Vive Alexandre V® nostre pape ! buvans et mengans ensemble par manière de grant solemnité. Et après firent les feux , qui estoient moult grant.

Les solennitez , procès et ordonnances dudit concile pevent apparoir par plusieurs lectres cy-après escriptes. Et premièrement , par les lectres de l'abbé de Saint- Maxence envolées à l'évesque de Poictiers , desquelles la teneur s'ensuit ' :

« Révérend père et mon redoubté seigneur, humble recommandacion prémise. Moy sachant que vostre

1. Élu le 26 juin 1409, et couronné le 7 juillet suivant dans l'église cathédrale de Pise.

2. L'abbé de Saint-Maixent était alors Pierre Baston, et l'évéque de Poitiers, Gérard deMontaigu, chancelier du duc de Berri, et qui succéda dans Tévéché de Paris à Pierre d'Orgeraont, mort le 16 juillet de cette année 140Î).

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révérende paternité désire aucunement estre informé du procès et ordonnance de ce saint concile général , qui pour le présent est tenu en la cité de Pise , et des nouvelles là estans, j'ay pour ce, délibéré notifier par lectres à vostre paternité, les choses qui s'ensuivent : Et premièrement, le xxv^ jour de mars, tous les seigneurs cardinaulx de l'un et de l'autre collège et tous les prélas qui pour lors estoient à Pise, s'assemblèrent en l'église Saint-Martin , qui est oultre la rivière vers les parties de Florence et de ladicte abbaye, tous vestus d'aulbes et de chapes et aornez de mitres , firent une procession grande et notable jxisques à l'église cathédrale. Lesquelles églises sont autant loin g l'une de l'autre qu'est l'église Nostre-Dame de Paris de celle de Saint-Martin des Champs. En laquelle éghse cathédrale est célébrée messe continuellement durant ledit concile général. Et cedit jour, fut la messe célébrée moult solennellement, et fist le sermon, monseigneur le cardinal de Milan, de l'ordre des Frères Mineurs, qui est ung grant théologien. Et après la solennité faicte , la journée fut continuée lendemain pour commencer ledit concile. Auquel jour furent appeliez les deux contendans à la papalité, mais nul ne comparu , jà soit ce qu'ilz feussent appeliez aux portes de ladicte église.

Item , en ce jour fut faicte une autre continuacion jusques au xxvni^ jour dudit mois. Esquelz jours , de rechef furent appeliez les deux contendans à la papalité, et nul ne comparu.

Item , de ce jour fut faicte continuacion jusques au pénultime de mars , et à ce jour furent appeliez les deux contendans, comme dessus, et nul ne comparu.

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Et pour ce que ledit concile général , les deux contendans légitimement requis , appeliez et évoquez en cause de séisme et de la foy, non venans ne comparans par eulx ne par autre oudit concile général , ne faisans satisfaction dedens le terme ordonné et establi, jà soit ce qu'ils feussent actendus après le terme par deux sièges , répula , juga et déclaira en ladicte cause de séisme et de foy, contumax , et les mist en contumace et défault. Et ordonna ledit concile à procéder en oultre contre iceulx à l'autre siège ensuivant , ordonné le lundi après Quasimodo , xv" jour d'avril. Lequel temps pendant, messeigneurs les cardinaulx célébrèrent ensemble l'office de la sainte semaine Peneuse *. Et le jour du Benoist vendredi , monseigneur le cardinal Pénestrin célébra l'office divin en l'église Saint-Martin. Et là prescha ung maistre en théologie séculier, de Boulongne la Crasse, moult notablement.

Item , le jour de Pasques je fus présent à la solennité de messeigneurs les cardinaulx.

Item , en la semaine ensuivant , s'assemblèrent lesdiz cardinaulx en concile, aucunes foiz tous seuls, aucunes foiz appellans les prélas qui là estoient présens, pour délibérer des choses à faire. Et moult agréablement et honnestement se maintenoient entre eulx et entre tous autres prélas.

Item , en celle sep mai ne arrivèrent à Pise les ambaxadeurs de Ruper, roy des Roumains '.

Item , le dimenche de Quasimodo , ung évesque

i . La semaine sainte , la semaine de pénitence. 2. Robert, duc de Bavière. L'ambassade se composait d'un archevêque et de deux évéques avec deux clercs.

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d'Ytalie célébra la messe devant les cardinaulx. Là , fîst le sermon ung cordelier de Languedoc, maistre en théologie, et presclia moult solennellement à la loenge des seigneurs cardinaulx, du roy de France, et des prélas quérans la paix de l'Église, et très durement contre les deux contendans , réputant iceulx scismatiques et hérétiques, traistres et ennemis de Dieu et de l'Église ; faisant plusieurs conclusions. Et print son theume Jhesus dixit pax vohis , lequel il démena moult bien.

Item , le lundi ensuivant lesdiz cardinaulx , tous les prélas , ambaxadeurs et procureurs là estans présens , jurèrent et promirent tenir ledit concile général, qui est moult solemnellement et continuellement célébré. Car premièrement, la messe est célébrée et chantée, et là sont faictes plusieurs oraisons, et la grande létanie chantée. Ausquelles toudiz sont présens lesdiz cardinaulx et prélas , vestus d'aulbes , de chapes et de mitres, tant comme dure la célébracion dudit concile, laquelle est dévote et honneste à regarder.

Item , ce mesme jour dudit concile , fut donnée audience ausdiz ambaxadeurs dudit Ruper, roy des Roumains , et l'évesque de Verdun , natif de la province de Maience , de par le roy Ruper, favorables à cellui pape Grégoire en tant qu'il peut, en commençant son thème Pax çobis ^ proposa moult de mauvaises choses pour rompre et troubler ledit concile général, à l'entencion de son maistre et dudit faulx pape Grégoire. Et estoient avec ledit évesque, ung arcevesque d'estrange ordre tant qu'à nous , et ung autre évesque , avec plusieurs autres honnestes personnes, comme il apparoit. Après lesquelles choses proposées par ledit évesque , lesdiz ambaxadeurs fu-

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rent requis qii'ilz baillassent par escript ce qu'ilz avoient proposé , et enseignassent la procura cion de leur maistre, et jour leur seroit assigné à oyr response, par le saint concile, sur ce quilz avoient proposé. Laquelle chose ilz firent. Mais devant ce que le jour feust venu ouquel ilz dévoient oyr response, lesdiz ambaxadeurs se partirent, sans prendre congié de leur hoste.

En celle sepmaine de Quasimodo , vindrent à Pise le seigneur de Maleteste en très grant estât. Lequel avoit baillé à icellui Grégoire ung sien cliastel nommé Rien ville. Et fist certaine requeste aux cardinaulx ensemble , tant de par ledit Grégoire comme de par lui. C'estassavoir qu'il pleust à eulx tous , que le temps dudit concile feust prolongué et le lieu mué , et se ilz vouloient ainsi faire , ledit Grégoire viendroit au concile, pourveu que le lieu feust seur et qu'il eust seureté d'aler et de venir. Après lesquelles requestes , les cardinaulx mandèrent les prélats, ausquels ils notifièrent lesdictes requestes. Les prélas, tous ensemble, respondirent que nullement ne consentiroient que le temps feust prolongué , ne le lieu mué. Laquelle response fu moult plaisante aux cardinaulx. Et en telle manière, ledit seigneur de Maleteste se parti sans riens besongner. ïoutesfois il fut assez bien appaisé par aucuns cardinaulx ses amis et de sa congnoissance.

Item , depuis ledit xv® jour d'avril , fut continué l'autre siège ^ jusques au xxnii® jour dudit moys d'avril. Ouquel siège , après la solennité de la messe et de la létanie , il fut requis par Fadvocat fiscal , que le saint

i. L'autre session.

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sène ou saint concile général voulsist déclairer et discerner l'union et communion faicte des deux collèges des cardinaulx de saincte Eglise Rommaine avoir esté et estre légitime et canonique; item, qu'il voulsist déclairer que ce saint senne est deuement convoqué par les cardinaulx de l'un et de l'autre; item, que ledit senne est assemblé et convoqué en temps convenable et ydoine; item, qu'il voulsist déclairer que c'est saint senne; item, qu'il voulsist déclairer qu'à ce saint senne représentant l'Église de Dieu universelle , appartient avoir la congnoissance de la cause des deux contendans à la papalité.

Item, en ce mesme jour fut leue toute la narracion du procès du commencement jusques à l'introduction du scisme après la mort de Grégoire , X® de ce nom , jusques à la convocacion du saint concile général. Ouquel procès furent racomptez tous les maulx , eautelles , refus et décepcions que ont fait ensemble et particulièrement les dessusdiz contendans à la papalité. Après la lecture dudit procès l'advocat fiscal fist plusieurs conclusions contre lesdiz contendans et plusieurs requestes, et fînablement qu'ilz feussent déboutez et punis corporelement et qu'on proeédast à l'élection d'un vray et seul pape.

Item, l'autre siège fut continué jusques au vendredi xxvii^ jour dudit mois. Ouquel jour les ambassadeurs du roy d'Angleterre entrèrent tous ensemble ou saint concile général, en très grant estât et honneste. Et là, proposa l'évesque de Salsebery * de la province de Cantorbie , bien et notablement , en esmouvaut tous

i . L'évéque de Salisbury.

a la paix et union de FÉglise. Et après sa proposicion, l'advocat fiscal fîst sa requeste de par le procureur du saint concile général , qu'il pleust au saint concile ordonner certains hommes, preudeshommes , honnestes, et expers en sciences pour examiner tesmoings sur les péchez notoires proposez contre lesdiz deux contendans. Laquelle péticion fut exaulcée.

Item , le second dimanche après Pasques fut célébrée la messe solennellement devant les cardinaulx. Et fist le sermon, Févesque de Dignen, de la province de Bredane \ de Tordre des Frères Mineurs , grant docteur en théologie, qui tous jours avoit esté des principaulx amis de Pierre de La Lune , et qui mieulx sçavoit des cavillacions et des décepcions de l'un et de l'autre. Lequel évesque prescha moult notablement, et fut son theume Mercenarius fugit ^ en déclairant plusieurs décepcions desdiz contendans , en la proposicion de sondit theume.

Item , ce dimanche xxvii® jour de cel autre siège , fut prolongué jusques au second jour de may. Et le dimanche estant en ce temps , fut la messe célébrée devant les cardinaulx moult solennellement. Et fist le sermon , le cardinal Pénestrin , qu'on appelloit communément le cardinal de Poictiers. Si prescha moult notablement , et fut son thème Libéra Deus Israël ex omnibus tribulacionïbus suis. C'est à dire , ô tu Dieu ! délivre Israël ton peuple chrestien de toutes ses tribulacions. Et en la déduction dudit sermon fist onze conclusions concluans contre lesdiz deux contendans

1 . Le ras. Suppl. fr, 03 donne : L^ évesque de Difçnen , du pro~ vince de Ebredunen , ce qui indique clairement l'évèque de Digne, suffragant d'Embrun.

à la papalité et refusaiis donner paix à l'Eglise. Et pour ce , actendu leur contumace et obstinacion , le concile devoit procéder contre eulx et pourveoir à l'Eglise d'un pasteur.

Item, le second jour du mois de may fut le siège du concile général, ouquel, après les solennitez acoustumées , mig très renommé docteur en théologie de Bonnongne* fist responce à icelle mauvaise proposicion que avoit fait l'évesque de Berdenne ^ de par le dessusdit Ruper, roy des Rommains. Et condemna, ledit excellent docteur de Bonongne , moult notablement oudit concile , par allégacion des drois divins , canoniques et civilz , tout ce que par ledit évesque avoit esté proposé ; respondant moult élégamment et clèrement à toutes choses , par raison de droit. Dont ledit concile fut moult reconforté.

Item , le dimenche ensuivant fut célébrée la messe devant les cardinaulx. Et fist le sermon, ung frère général des Augustins, grant docteur en théologie, natif d'Ytalie. Et fut son theume : Cum venerit ille , arguet mundiim de peccatOy et dejusticia, et dejudicio. C'est-à-dire, quant Dieu Saint-Esperit venra, il arguera le monde de péchié , de justice et de jugement. Moult bien démena ledit theume , en tendant à bonne fin.

Item , du second jour de may fut prolongué l'autre siège jusques au x* jour dudit moys. Et ce temps pendant , fut la messe célébrée devant les cardinaulx par le patriarche d'Alixandre , le jour de la Révélacion Saint-Michel, viii^ jour de may. Et fist, icellui mesmes

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