CHAPITRE XGVII
Comment la guerre s'esmut en Boulenois. Du retour du Roy dedens Paris. Et comment le duc d'Orléans contenta les Anglois ; et autres matières servans.
Item , en ce mesme temps vin cirent d'Angleterre à Calais , nagans par mer, les contes de Warvich et de Kent , envoyez par le roy Henry, à tout deux mille combatans ou environ. Lesquelz, là venus, avecques les autres garnisons, coururent le pays de Boulenois et y firent de grans dommages. Et finablement boutèrent les feux et ardirent la ville de Sammer ou Bois * et prindrent d'assault le fort de Russault^ Si pillèrent et robèrent tout et puis boutèrent le feu dedens. Pour auxquelz résister, le Roy envoia à Saint-Omer le conte Waleran , son connestable, le seigneur de Rambures , maistre des arbalestriers , et le seigneur de Heilly, à tout grant nombre de gens d'armes, qui furent mis en garnison sur les frontières de Boulenois. Et par ainsy de tous costez fut le pays fort oppressé.
Et ce pendant le roy de France s'en retourna dedens Paris et se loga en son hostel de Saint-Pol. Pour laquelle venue les Parisiens firent et menèrent telle joye que non pas sans plus. Fut crié Noël ! par toute la ville, mais fist-on feux par tous les quarrefours de Paris et grans luminaires et clartez de flambeaux, et crioit on toute la nuit : « Vive le Roy ! » et fist-on grant feste de boire et de mengers. Avecques le Roy entrè-