Arnaud de Corbie
Favoit mis oudit office. Mais ilz le ne peurent aucunement fléchir. Car desjà il commençoit fort à dominer et vouloit que tous ses fais et les besongnes du royaume se conduisissent à son plaisir, et disoit aucune foiz à ses féables, que à lui touchoit plus que à nulz autres. Et avecques ce avoit souvent qui lui remonstroit secrètement que doresenavant il avoit sens assez et aage compétent pour prendre et avoir le gouvernement dudit royaume , et que faire le devoit actendu la neccessité du roy son père. Et entre les autres, le duc de Bar, le duc Loys en Bavière, le conte de Vertus et autres de ceste aliance, qui adonques se tenoient à Paris et le visitoient très souvent , ne désiroient autre chose fors qu'il en prinst le gouverneûient. Et de tout ce estoit assez adverti le duc de Bourgongne, et percevoit assez que toutes les besongnes se machinoient en entencion de le bouter hors du gouvernement dudit royaume. Si ne le prenoit pas bien en gré et avoit plusieurs ymaginacions esquelles il lui souvenoit bien de ce que ledit duc d'Acquitaine lui avoit dit devant Bourges, qu'il feroit fmer la guerre. Et avoit convenu que le traictié se feist outre les promesses qui avoient esté jurées et conclues à Paris, présent le conseil royal. Néantmoins il monstroit semblant que riens ne lui en feust.
En oultre, en ces mesmes jours, fut donnée la conté de Ponthieu, par le Roy et son ^rant conseil, à Jehan, duc de Touraine son second filz ^, à l'instance et pourchas du duc Guillaume , conte de Haynau , duquel il avoit espousé la fdle. E?t nonobstant que ceulx d'Abbe-