‹ La chroniqueChapitre 162 sur 196 · C'est-à-dire pour la première entrevue · texte numérisé non relu

C'est-à-dire pour la première entrevue

[i4i3] D'ENGUERRAN DE MONSTRELET. 387

de très bon cuer pour ad\iser et pourveoii; au bon estât de ce royaume et au \ray pacifiement d'iceliui. Et sur ce soient advisées les manières possibles de seureté. Car noz seigneurs , et nous de leur partie , serons prestz d'entendre au bien, honneur, prouffit et à la vraie union de très noble chef et de tous les membres dessusdiz. Et se j'ay dit peu , mes seigneurs et compaignons sont bien disposez ponr l'amender, et se j'ay dit trop, ou chose qui touche au déshonneur ou à la desplaisance d'aucuns , mes très redoublez seigneurs, plaise vous le imputer à simplesse ou ignorance de loyaultè très affectez au bon estât du Koy et de l'apaisement de tout son royaume, veu et considéré que j'ay esté et suis par nature obligé par serement et service à ce faire, cuidant de tout mon petit povoir ensuivir le singulier désir, lequel le roy de Cécile mon seigneur et mon maistre a au bien de ceste matière. Et ne me soit point, s'il ne vous plaist, imputé de témérité ou autre mal talent ou affection désordonnée que je aye ne eus onques ne entens avoir. »

Jusques à* ceste proposicion desdiz ambaxadeurs, c'estassavoir du roy de Cécile et des autres seigneurs.

En après furent dictes et proposées plusieurs paroles sur l'advis de la paix, d'un costé et d'autre, afin que ce royaume demourast en transquilité et union , et que provision feust mise aux inconvéniens. Si furent sur ce faiz plusieurs articles , lesquelz sont contenus en une cédule de laquelle la teneur s'ensuit :

(( Premièrement. Entre les seigneurs du sang royal

1. Jusques à ceste proposicion, etc. C'est-à-dire , ici se termine celte proposition.

sera bonne amour et union , et promectront et jureront estre bons et loyaulx parens et amis , et de ce feront lectres les ungs aux autres et seremens, et en plus grant confirmacion de ce , jureront et promectront pareillement les plus principaulx serviteurs dcsdiz seigneurs d'une part et d'autre.

Item. Les seigneurs du sang royal qui ont envolez leurs messages et ambaxadeurs , feront cesser la voie de fait et de guerre, et ne feront quelque mandement de gens d'armes.

Item. Feront tous leur loyal povoir de faire expeller et faire rappeller et retourner le plus bref que faire pourront , les gens de compaignie qui sont avec Clugnet de Brabant et Loys Bourdon, et autres leurs adhérens , par toutes voies et manières à eulx possibles. Et se lesdictes gens de compaignes ne vouloient ce faire , lesdiz seigneurs s'emploieroient au service du Roy pour iceulx faire retourner ou destruire, et tous les autres ennemis du Boy qui veulent grever son royaume.

Item, Promectront que de ces choses qui sont advenues à Paris ilz ne porteront nulles rancunes , maltalens ne dommages à la ville de Paris ne aucuns particuliers d'icelle , ne procureront à eulx estre fait en quelque manière, soit soubz umbre de justice ou en autre manière , comment que ce soit. Et se aucune seureté estoit ad\isèe pour le bien de la ville et le particulier d'icelle , il s'ensuit à le faire * et procurer et aider de tout leur povoir.

1. // s'ensuit à le faire y etc. Ces mots qui n'ont pas de sens sont remplacés par ceux-ci dans le ms. Suppl, fr. 93 : « Hz

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Item. Que les seigneurs jureront et promectront par leurs seremens faiz sur la saincte vraye croix et sur les sainctes évangiles de Dieu, en parole de prince et sur son honneur, faire et faire entretenir et aconiplir loyaument toutes les choses dessusdictes sans aucune défaulte ou calumpnie de vérité, et de ce bailleront au Roy lectres scellées de leurs seaulx.

Item, Et en ce faisant les messages et ambaxadeurs desdiz seigneurs requièrent au Roy qu'il lui plaise à adnuller et révoquer, ou faire adnuller tous les mandemens de gens d'armes et de traict, et faire cesser toute voye de fait et de guerre, excepté contre lesdictes gens de compaignes.

Item\ Semblablement face cesser et réduire tous les mandemens naguères donnés à mettre en sa main aucuns chasteaulx et forteresses et d'iceulx oster les capitaines et y commectre autres en lieu de eulx ou en lieu des seigneurs auxquelz lesdiz chasteaulx et forteresses appartiennent, et face remectre les dessusdiz ou premier estât quant à ce. Et que la commission par lui donnée après certain temps pour le fait desdiz prisonniers et autres appeliez ou à appeller à bannissement , soit révoquée, et que par justice ordinaire et acouslumée du Roy, soient contrains et convenus sans ce que aucuns commissaires de ce s'entremectent aucunement.

Item, Que le Roy, la Royne et monseigneur d'Ac-

suefTrent à le faire et procurer, « etc. (fol. 477 verse); seuffrent ou souffrent, c'est-à-dire laissent faire , permettent , consentent.

4 . Dans notre manuscrit une erreur du copiste a fait de cet article deux articles, ce qui en rend le commencement inintelligible. Nous le rétablissons d'après le Ms. Suppl. fr. 93.

(juitaine, ces choses ainsi faictes et acomplies, soient ung certain jour en aucun lieu , hors Paris , ou quel soient les devantdiz seigneurs de cbascune partie , pour confermer bonne union entre eulx et adviser aux besonenes du Rov neccessaires à lui et à son royaume. Et se aucuns faisoient doubte que lesdiz seigneurs ou aucuns d'eulx vouloient induire le Roy, la Royne et monseigneur d'Acquitaine à aucune bayne ou vengence contre la ville de Paris ou aucuns des babitans d'icelle y ou à prendre le gouvernement ou actraire le Roy avecques eulx ou monseigneur d'Acquitaine, ou que pour ladicte congrégacion feissent aucun doubte, lesdiz seigneurs sont prestz de bailler bonne seureté possible là on pourra adviser. »

Lesquelles besongnes ainsi mises par escriptes et conclûtes par les seigneurs dessusdiz, d'un costé et d'autre , se départirent ung cbascun d'eulx et retournèrent es lieux dont ilz estoient venus. Et après que les ducs de Berry et de Bourgongne, et ceulx qui estoient alez avecques eulx , furent retournez à Paris, remonstrèrent en la présence du Roy les poins de leur ambaxade et le contenu de la cédule qui avoit esté advisée par entre eulx parties pour le bien du Roy et de tout son royaume. Et après que sur tout eut esté ad visé par grant délibéracion de conseil , où est oit l'Université de Paris et ceulx de la ville en grant nombre , fut accordé de par le Roy et le duc d'Acquitaine avec le grant conseil royal, que tout ce qu'ilz avoient fait et raporté s'entretenoit *. Et sur ce fut ordonné à faire certains mandemens royaulx pour

1. Il faudrait : s'enlretenroit , c'est-à-dire s*entretiendroil.

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envoler par tous les bailliages et séneschaucies du royaume pour estre publiées par les officiers es lieux acoustumez.

Durant laquelle tribulacion, Clugnet de Brabant, messire Loys de Bourdon et autres capitaines de la partie d'Orléans , vindrent , à tout bien seize mille combalans, en dégastant le pays, jusques en Gastinois, et bailloient à entendre qu'ilz \enoient pour mener guerre aux Parisiens. Lesquelz, de ce non contens, envoièrent au devant d'eulx jusques à Monstereau-où- Fault- Yonne , seize cens bacinets et grant nombre d'autres combatans , desquelz estoit captaine messire Helion de Jaque ville \ Néantmoins ilz ne rencontrèrent point l'un l'autre, pour quoy ceste armée se desrompi sans combatre.

Et adonc furent envoiez le connestable et admirai de France, et avec eulx Févesque de Tournay, de par le Roy, à Boulongne sur la mer, contre la légacion du nouvel roy d'Angleterre, c'estassavoir le conte de Warvicb , l'évesque de Saint-David et aucuns autres qui estoient venus à Calais. Si convindrent ensemble à Lolinguen, et là traictèrent trêves entre les deux royaumes jusques aux Pasques ensuivans , lesquelles furent publiées par tous les deux royaumes dessusdiz.

1 . « Après ces choses ainsi advenues , party Elion de Jacleville , de Paris, avoec luy grant foison de gens de ceulx de Paris, et s'en allèrent à Monsteriau ou Fault Yonne , à l'encontre de Cluignet de Brabant que on disoit lors venir à grant puissance. Et au département que fist ledit Elion, de Paris , il bailla en garde la Bastille de St. Anthoine aux maistres boucbiers duditlieu, comme Caboce, Deniset de Chaumont , les Goys et ceulx de Saint- Yon , afûn que se aucune chose leur sourvenoit ilz se peussent saulver dedens icelle. ^>{Cord. IG, fol. 346.)

392 CHRONIQUE [Ui3]

Or VOUS mectray icy la copie des mandemens royaulx dont dessus est faicte mencion.

« Charles, par la grâce de Dieu roy de France , au bailli d'Amiens , et à cliascun des babitans de ladicte ville , salut. Nous vous faisons savoir que à l'occasion des prinses et emprisonnemens indeuement et sans cause, fais des personnes de noz très cbers et très amez germain , cousin , et frère en la loy, les ducs de Bar et de Bavière, et plusieurs autres nos officiers et de nostre très chère et très amée compaigne la Boyne , et de nostre très cher et très amé filz le duc d'Acqiiitaine, et aucunes autres dames et damoiselles de l'ostel de nostredicte compaigne, de noz très chers , très amé cousin et nepveu le roy de Cécile , les ducs d'Orléans et de Bourbon , les contes d'Alençon et d'Eu , eulx de ce complaignans , et de la manière de la prinse et des courroux et desplaisirs qu'en a prins nostredit filz, et de plusieurs autres choses paravant advenues en nostre bonne ville de Paris , sont naguères venus en la ville de Verneuil , ouquel lieu nous avons envoyé noz ambaxadeurs notables, et avecques ce avons envoie des gens de noz très chers et très amez oncle et nepveu de Berry et de Bourgongne avec lesdiz ambaxadeurs qui furent envoiez de par nous , comme dit est , audit lieu de Vernueil; et aucuns bourgois et babitans de ladicte ville de Paris alèrent par nostre ordonnance à Pontoise , et nostredit cousin et nepveu le roy de Cécile , les ducs d'Orléans et de Bourbon, et les contes d'Alençon et d'Eu, alèrent en la ville de Vernon. Et de là envoièrent leurs messaiges et ambaxadeurs audit lieu de Pontoise, exposer et signifier à nosdiz oncle et cou-

sin de Berry et de Bourgongne et autres de nostre conseil , plaintes , et remonslrer les périlz et inconvëniens de la guerre et autrement, lesquelz pour ce estoient en aventure de advenir en brief terme. Et après plusieurs paroles et consaulx sur ceulx , d'une part et d'autre, furent entre eulx conseillez et advisez sur le fait de la paix et union de ce royaume afin de eschever lesdiz inconvëniens. Et sur ce furent fais et contenus plusieurs articles en une cëdule de laquelle la teneur s'ensuit ^ « Premièrement. Entre les seigneurs du sang royal sera bonne amour et union vraie et prometront et jureront estre bons et vrais parens et amis , et de ce feront lectres les ungs aux autres. » Et jà soit ce que le contenu en icelle cëdule, tout bien veu et considërë , semble estre juste et raisonnable pour le bien de paix, union et concorde, à ceulx de rUniversitë de Paris, de nostre court de parlement, de noz gens des comptes, et aussi des bons citoyens et habitans de nostre bonne ville de Paris, et qu'ilz estoient prestz de la visiter et sur ce dire et raporter ledit jour de jeudi*, envers nous, leur dëlibëracion et opinion par la manière devant dicte, nëantmoins gens de petit estât et faculté, qui de leur auctoritë et entreprinse ont eu une grant partie du gouvernement de ladicte ville de Paris, et lesquelz estans oudit gouvernement pour continuer guerre et division, laquelle par longtemps a este en nostre royaume, afin d'avoir tousjours la dominacion , ont voulu par leurs faulses machinacions plusieurs seigneurs de nostre sang et

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