août
lignage et autres induire à la guerre , doubtans que des roberies, homicides et autres grans maléfices et délitz par eulx. en moult de manières commis soubz l'ombre de Ventreprinse dudit gouvernement, ne feussent prins et d'eulx prinse vengence , ont tant fait et procuré, en persévérant en leur mauvais propos et par leurs faulx macbinemens, qu'il leur a esté octroie que ledit jour de jeudi a esté continué jusques au samedi ensuivant, cinquiesme jour dudit mois \ afin que devant et pendant icellui jour ilz peussent la paix empesclier par horribles voies et damnables , et de quoy au plaisir de Dieu on saura enfin la vérité. Mais au plaisir de Dieu , qui à ce pourvoiera , ladicte Université assemblée avecq nostre chambre de parlement et noz chambres des comptes , les coléges des églises et les bons citoiens et habitans preudommes de nostredicte ville de Paris, par espécial des plus notables et ou plus grant nombre, non contens de ce et doubtans les inconvéniens et périlz qui sont apparens, et qui à l'occasion de celle maie et cruelle trahison se pourroient ensuivir, désirans de tout leur cuer bonne paix et union entre ceulx de nostre sang et lignage, maintenir justice et régner à Tonneur et conservacion de Nous et de nostredit royaume , et voulans obvier aux entreprises damnables et empeschans ladicte paix, sont venus après disner devers nous en nostre hostel de Saint-Pol à Paris, et nous ont requis d'avoir audience pour le bien de la paix , laquelle chose nous leur avons octroyée. Et ce fait, nous ont exposé les biens de paix , les maulx et inconvéniens de la guerre , et la
i . 5 août.
[f413] D'ENGUERRAN DE MONSTRELET. 39»
neccessité qui estoit à procéder sur rexécucion de ladicte cédule, en nous requérant le jour dudit samedi estre anticipé au jour du vendredi précédent , avec autres provisions pour la seureté de nostredicte ville de Paris. Lequel jour de vendredi, eulx désirans et voulans la paix , s'assemblèrent en nostre Maison de ladicte ville en Grève *, cuidans là trouver l'un l'autre pour venir devers nous en nostre hostel de Saint- Pol, mais ilz trouvèrent empescliement. Car lesdiz empeschans la paix, lesquelz comme dist est sont de petit estât et ennemis de la paix, si estoient jà venus en ladicte Maison de nostredicte ville et avecq eulx aucuns varletz^ tous armez, soubz umbre de auctorité de gouvernement, lequel ilz avoient en nostredicte ville de Paris. Pour laquelle cause, les preudommes dessusdiz voulans paix , s'assemblèrent en la place Saint-Germain l'Auxerrois à Paris, et en plusieurs lieux , en grant nombre et notable , tous d'une voulenté et d'un courage quant à ce. Mais pour rompre et empescher les assemblées des dessusdiz notables hommes par toutes voies et manières qu ilz porent, lesdiz empescheurs de la paix se mirent en peine. Ausquelz fut aucunement obtempéré. Car ilz se partirent de Saint-Germain , tout par ordre , ainsi qu'il avoit esté appoincté. Lesquelz, ainsi venus audit lieu de Saint-Pol et là assemblez, en nostre présence , en la présence de nostre filz , nostre oncle et nostre cousin les ducs d'Acquitaine, de Berry et de Bourgongne et de plusieurs autres de nostre conseil,
1. Il y a dans l'original : « Semblablement en nostre maison de ladicte ville engrever », ce qui n'a pas de sens. Nous rectifions la phrase sur le ms. Sitppl. /r. 93.
fut par nous la paix accordée , et que ladicte cédide seroit mise à exécucion , et que punicion desdiz perturbateurs seroit faicte par raison et par justice. Dont noz bons et loyaulx subjectz furent moult joieux. Et incontinent aprèz nostre ordonnance et voulenté proférée, montèrent à cheval, nostre filz, nostre oncle et nostre cousin devant dits, et s'en alèrent desprisonner nostre cousin et frère, c'estassavoir les ducs de Bar et de Bavière , qui longuement avoient esté au Louvre , et autres plusieurs chevaliers et noz officiers de nostre compaignie et de nostre filz, qui aussi avoient esté longuement prisonniers en nostre Palais et en nostre Chastelet, par force, puissance et voulenté desdiz empescheurs delà paix. Lesquelz empescheurs ce voyans, et que bon gouvernement et justice commençoient à régner, se mussoient comme renars et se absentèrent, et depuis ne adonc on ne les peut prendre, ne trouver. Par quoy il fait encores à doubter que par leurs inductions et faulses mençonges, par lesquelles ilz pourroient aucuns actraire à leurs entreprinses et mauvaises voulentez ainsi qu'ilz ont fait ou temps passé , ne s'ensuivent pires inconvéniens que devant. A laquelle chose est mestier de obvier diligemment à l'aide de Dieu, mesmement que la paix, qui est bonne et proufitable, et laquelle nosdiz nepveu et cousin le roy de Cécile , les ducs d'Orléans et de Bourbon , les contes d'Alençon et d'Eu , et puis* que tout ce que dit est, ont envoyé leurs ambaxadeurs à Paris, lesquelz de jour en jour entendent et vaquent diligemment à Texécucion de ladicte cédule, laquelle ilz ont eue
i. Depuis.
aussi pour agréable et approuvée et tout ce que par nous en a esté fait, laquelle chose pourroit estre rompue, qui seroit destruccion de Nous et de nostredit royaume et aussi de tous les bons et vrais subgetz de nous. Pour ce , nous vous commandons et expressément enjoingnons, que contre toutes les choses devantdicles, lesquelles nous vous signifions estre vraies et telles que cy-dessus sont spécifiées et déclairées , vous ne créez ne adjoustez foy à quelconques mauvaises et faulses relacions qui seroient faictes au contraire par lesdiz empescheurs de la paix , et que vous ne recueillez, ne souffrez estre ne demourer en noslre ville d'Amiens , ne ou pays d'environ , lesdiz empescheurs de la paix , ne leur donner faveur par quelconque manière , mais les faictes prendre et emprisonner et les nous envoiez , pour d'eulx faire justice et raison, et les punir et faire punir tellement que au cas appartiendra. Et aussi vous , bailli , faictes les choses dessusdictes publier, tenir et acomplir pareillement par toutes les bonnes villes et autres lieux de vostre bailliage , et avecques ce requérez de par nous à toutes les églises de vostre bailliage, tant collégiales comme autres ausquelles il appartendra, qu'elles facent et facent faire processions et dévotes oroisons pour ladicte paix , afin que Nostre Seigneur par sa grâce vueille ladicte paix entretenir perpétuellement. Et gardez bien que chascun de vous , tant qu'en lui est , ne commecte en ce faulte. Car ainsi nous plaist et voulons estre faict. Donné à Paris le xii® jour d'aoust, l'an de grâce mil quatre cens et treize, et de nostre règne le xxxni\ «
Item. Fut fait ung autre édict de par le Roy contre
les gens d'armes et autres gens de guerre , à préserver et garder le peuple contre eulx et tenir en paix , lequel fut envoie par tous les bailliages et séneschaulcies du royaume. Duquel je me tais à présent à cause de briefté.*