‹ La chroniqueChapitre 73 sur 196 · CHAPITRE LXXIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE LXXIV

Comment le duc de Bourgongne se prépara pour soy défendre contre le duc d'Orléans et ses frères , et des lectres qu'il envola au duc de Bourbon pour avoir son aide.

En après, le duc Jehan de Bourgongne, quant il ot congnoissance qu'il auroit la guerre au duc d'Orléans et ses frères et leurs allez, et que les aucuns le eurent défié par lectres et paroles , il se prépara de toute sa puissance pour acquérir amis et allez pour résister

1. Cette lettre se trouve aussi dans Juvénal des Ursins, qui donne , de plus que Monstrelet , une lettre du duc d'Orléans à la Reine , de la même date. Voy. le Ch. VI de Godcfroi, p. 222.

2. Notre texte omet ici les mots : a à celluy qui les avoit portées, a nécessaires au sens et qu'on lit dans le ms. Sappl, fr. 93. L'omission se trouve aussi dans le ms. 8345.

4ÎJC CHRONIQUE [1441]

contre tous ceulx qui mal lui vouloient. Et entre les autres qui le défièrent et dont il fut plus mal content que de nul autre , le défia ung chevalier de Picardie , nommé messire Mansart du Bos*, duquel et de sa fin sera plus à plain déclairé cy- après quant temps sera. Si escripyit icellui duc de Bourgongne au duc de Bourbon unes lectres , lesquelles il envoya par son roy-d'armes de Flandres. Dont , du contenu en icelle la copie s'ensuit :

« Très cher et bien amé cousin , duc de Bourbon et conte de Clermont * , Jehan , duc de Bourgongne , conte de Flandres, d'Artois et de Bourgongne. Tiengs bien en vostre mémoire comment Tan mil quatre cens et deux, vous et moy feismes et eusmes certaines aliances ensemble , lesquelles furent et ont esté à vostre prière et requeste renouvelées et de rechef jurées et promises en la présence de plusieurs chevaliers et autres gens dignes de foy, et devions demourer vrays, bons et loyaulx et parfaiz amis et allez durant le cours de nos vies. Et deviez procurer à vostre loyal povoir le bien et honneur de moy, et eschever mon mal et dommage , ainsi que bon parent loyal , à moy alié , est tenu de faire. Et avecques ce , que toutes et quantes fois que je aurai à faire chose qui touche Ton- W^ neur et estât de ma personne et de mes seigneurs et amis , vous devez et estes tenu moy aider, conseiller et conforter loyaument , se requis en estes , de corps , d'amis, de conseil de gens et de chevance, envers tous et contre tous, excepté tant seulement la personne de

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