‹ La chroniqueChapitre 74 sur 196 · Mansart du Bois · texte numérisé non relu

Mansart du Bois

2. Jean I", duc de Bourbon. Il était comte de Clermont par sa mère.

[Ikli] D'ENGUERRAN DE MONSTRELET. 157

monseigneur le Roy, monseigneur le duc d'Acquitaine et ceulx qui succéderont au royaume de France , et feu beau cousin le duc de Bourbon , vostre père*. Et encores , s'il feust advenu que entre moy et aucuns autres eust eu guerre ou débat et ledit beau cousin , vostre père se feust mis en sa personne avecques mon adversaire , vous , en ce cas , vous eussiez peu mectre avec vostredit père tous le cours de sa vie tant seulement, sans par ceste condicion ou excepcion estre prèjudicié ou derrogué aucunement ausdictes aliances. Et comme je, aussi vous, estes assez recors, vous avez juré tenir, garder, faire et acomplir les choses dessusdictes et déclairées toutes et quantes foiz que le cas s'y offrera , sur la dampnacion de vostre âme , par la foy et serement de vostre corps sur les sainctes évangiles de Dieu et sur les sainctes reliques par vous touchées. Or est vérité , très cher et très amé cousin, que Charles, qui se dit duc d'Orléans , Phelippe et Jehan , ses frères , me ont nouvellement envoyé lectres de défyance et ont entencion et propos de me grever de toute leur puissance. A quoy, au plaisir de Dieu , j'ay entencion et propos de résister par le bon conseil , confort et aide de noz parens, amis et aliez, et de mes subgetz et bien vueillans , et garder mon honneur encontre eulx. Et pour ce , très cher et très amé , que vous estes à moy alié par la manière dessusdicte , et tenu de moy aider, conseiller et conforter loyaument, je vous requiers et somme, parla vertu desdictes aliances et les seremens que fais avez, comme dit est, qu'en vostre personne , le mieulx que vous pourrez , acom-

i . Louis II, dit Le Bon , qui était mort le 19 août 1410.

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paigué d'amis et de gens d'armes , me vueillez venir aider, conseiller et conforter loyaument contre les dessusdiz nommez Charles , Phelippe et Jehan , en acquitant vous et vosdiz honneur et serement. Sachant qu'en pareil cas je vouldroie garder pareillement mon honneur, ma foy et serement sans les aucunement frauder; et ainsi je espère que vous ferez. Si me vueillez briefment par le porteur de ces présentes lectres rescripre et faire savoir sur ce vostre plaisir et voulenté, ainsi que le cas le requiert. Donné en ma ville de Douay, soubz mon grant séel placqué à ces présentes, le xxiiii^ jour d'aoust, l'an mil quatre cens et unze. »

Lesquelles lectres présentées par icellui roy-d'armes au duc de Bourbon , après qu'il les eut veues et visitées bien au long, fist response au dessusdit roy-d'armes que dedens briefz jours il envoieroit devers son maistre le duc de Bourgongne. Laquelle chose il fist. Car, assez tost après lui renvoya les devantdictes lectres de confédéracion et d'aliances qu'il avoit du duc de Bourgongne, en faisant les convenances nulles, et s'alia du tout avec les Orléanois \ Dont ledit duc de Bourgongne fut très mal content de lui , jà soit ce que pour lors ne le peut il avoir autre ^

i . Il avait toujours penché de ce côté-là , et la mort funeste du grand maître Jean de Montaigu n'avait pas peu contribué à lui rendre le duc de Bourgogne haïssable.

2. Ni Juvénal des Ursins , ni le Religieux de Saint- Denis ne parlent de ce fait important du refus opposé par le duc de Bourbon aux avances du duc de Bourgogne.

[Idll] D'ENGUERBAN DE MONSTRELET. 189

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