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IV. Considérations sur le calendrier judaïque et chrétien

Avant de donner la nomenclature des archontes et les événements qui s’y rattachent, nous devons nous arrêter un instant pour développer un point d’un haut intérêt pour le calendrier judaïque et chrétien.

On sait que les Juifs, et les chrétiens pour le cycle pascal, procèdent par un comput lunaire. Les Israélites ont, pendant la durée du second temple, d’abord accepté le cycle de Méton, de 19 ans équivalant à 235 lunaisons, et plus tard le cycle rectifié de Callippe, qui se forme de quatre périodes métoniennes, soit de 76 ans, auxquels on retranche un jour. Les noms des mois judaïques du premier temps, les mois phéniciens, sont perdus pour nous; depuis l’exil de Babylone, les Juifs se sont servis, jusqu’à nos jours, des noms babylonien!,

1 Art de vérifier les dates , p. 51.

et ce sont ces noms que nous Usons déjà dans les livres de Zâcharie, d’Esther, d’Esdras et de Néhémie. Mais ces termes étaient tout aussi étrangers à la langue assyrienne qu’ils le sont à l’idiome des Hébreux, et nous ne savons pas encore leur origine. Voici les expressions assyriennes et hébraïques :

Assyrien.

Hébraïque.

Nis’annu.

Nisan.

Al ru.

Iyar.

S’ivanu.

Sivan.

Dnzu.

Tammous.

Abu.

Ab.

Ululu.

Eloul.

Tasritu.

Tisri.

Arahsavpa.

Marchesvan.

Kls’ili vu.

Cislev.

Tebltn.

Tebet.

Sabatu.

Sebat.

Addaru.

Adar.

MagTU sa Addari.

Veadar (mois intercalaire) '.

Nous nous servirons dans la désignation des mois assyriens de leurs équivalents hébraïques.

Dans la Bible, Nisan est le premier mois, Tisri le septième, et ainsi l'année religieuse commence avec l’époque qui correspond à peu près à l’équinoxe du printemps. Mais depuis que les Juifs ont une ère, leur année prend pour point de départ lé septième mois, conformément à une vieille croyance remontant à Babylone, que le monde a été créé à l’équinoxe d’automne. La République française a suivi les mêmes errements. Par exemple , l’année 8629 commence le 17 septembre 1868, pour finir le 5 septembre 1869; le septième mois de 5629 tombe ainsi six mois avant le premier de cette même année. Le comput qui compte les années d’un équinoxe d’automne jusqu’à l’autre, s’appelle l’année civile..

Or, une pareille distinction a existé chez les Assyriens, et c’est d’eux que les Juifs l’ont reçue. Notamment, les éponymies vont de Tisri à Eloul, et non de Nisan à Adar. Ainsi

’ Noua ne savons pas comment les Assyriens Intercalaient leur mois pour arriver à une concordance exacte de l’année lunaire avec l’année réelle. On trouve aussi des mois interpolés après Eloul (par exemple K, 160), où on parle d’un second Eloul, ce qui prouverait encore pour le commencement de l'année avec Tisri.

PAO LES ÉCLIPSES DES INSCRIPTIONS CUNÉIFORMES. il

l'éponymie de l’éclipse de juin 809 (9192) a commencé en septembre 810 (9191). Des faits précis établissent celte curieuse coïncidence des usages juifs et assyriens.

Salmanassar III dit 1 * , dans l’inscription de Vobélisque de Nimroud, que, dans l’éponymie de Dayanassour, il franchit l’Euphrate, et qu’il fit une expédition dans la haute Arménie. Dans la même année, il descendit à Koullar. Dans sa S* année à lui, et qui suivait ces faits, il soumit d’autres peuplades (lu Kurdistan. Puis, dans sa 6* année, il franchit le Balikb (Belias), s’avança vers la Syrie et battit Bin-idri (Benhadad) de Damas.

Or, la stèle retrouvée aux sources du Tigre 3 relate cette campagne avec plus de détails, bien précieux pour nous, puisque Achab d’Israël y figure comme auxiliaire de Benhadad. Elle ajoute le Jfait nouveau qu’il quitta Ninive le 13 lyar de Dayanassour ; nous n’avons pas besoin d’insister sur l'impossibilité d’achever les deux campagnes précédentes en six semaines. Les fonctions de Dayanassour avaient commencé depuis sept mois et demi, temps à peine suffisant pour mener à bonne fin les deux expéditions.

Un autre exemple est celui-ci :

Une pièce d’intérêt privé, conservée au Musée Britannique, est datée du 30 Tebet de l’année de Mannu-ki-Bin 3 , l’an 22 de Sennachérib, roi d’Assyrie.

Or, Sennachérib monta sur le trône le 13 Ab de l’année de Pakharbel, en août 704 (9297). Si l’année éponymique avait commencé avec le mois de Nisan, le 30 Tebet de la première année du roi aurait été le 30 Tebet de Pakharbel. Le nom de Mannu-ki-Bin devrait donc se trouver le 21* après le nom cité. Mais cela n’est pas ; Mannu-ki-Bin n’est que le 22 e après Pakharbel.

Donc, le 13 Ab est encore à Pakharbel; mais le premier

1 Voir Exp. en Kit., I. I, p. 343-

5 Nous avons parlé de cette stèle dans notre Histoire des empires de Chaldie et d’Assyrie, p. 139 et sntv. (dans les Annales de phil., t. xu, p. 397, 5* série). Ce document contient plusieurs choses curieuses, entre autres la première mention de l’étain, nommé kasaiatirra. .

* Hannu est écrit idéographiquement dans cette pièce.

il est bien entendu que les premiers mois du limmu tombent déjà dans l’année précédente.

Les données historiques sont ajoutées par nous d’après les inscriptions, sauf depuis l’année 862 jusqu’en 726, où nous donnons la première traduction d’une inscription à laquelle sir Henry Rawlinson a assigné son caractère, et que nous offrons, pour la première fois, dans sa forme restaurée.

Listes des éponymes.

Règne de Salmanassar II (?) '.

Salman-asir.

Nabu-eri.

Règne de Bélochus III.

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