XXXIV
ib.
ib.
Total.
110 ans.
D'autre part, depuis le même événement, Sevedios ou Sua avait régné encore 1 1 ans (Eusébe, le Syncelle et
ChampolHon).
Tahraka
Dans la xxvi"** dynas-
tie, Stephinatis
•Nechepsos
Nechao 1
Psammetik
{lâ.
id.
id,)
{Id. Jules-Africain, id.) { Id. id.)
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{ Id. id.)
Report 106 ans.
En y ajoutant 4 ans du règne de Néchao II , on trouve le même
nombre de. , . . 110 ans.
Ainsi la mort de Josias arriva l'an du monde 4599 (av. J.-Ç. 5^4), qui correspondait à la fin de la 4"*' année du règne de Néchao II , ou au commencement de la 5""*. Mais^ suivant Eusébe et Jules-Africain, ce Pharaon ne régna en tout que 6 ans ^ : s'il n'était monté sur le trône qu'à la fin de 4594, il mourut donc l'an du monde 4601 (av. J.-C. 592), et ici apparaît un dissentiment entre l'histoire sainte et les annales d'Egypte. Le successeur de Josias, Jehpja^ chaz, n'ayant régné que 3 mois, Néchao serait mort, suivant les calculs précédents, la deuxième année de Jéhojakim : or, d'après Jérémie (xlvi, 2), et Joseph, qui l'a suivi (Jnt. Jud. 1. X, c. 6, § 1 ), il aurait encore été en luttç avec Nébucadnetzar, la 4"»* année de Jéhojakim. Le second livre des Rois (xxnr, 7), donne bien à entendre que le roi d'Egypte a vu son empire diminué par les victoires du chef chaldéen, mais il n'assigne à ce fait aucune date , et l'on ne peut en induire aucune. Reste donc celle que Jérémie donne en opposition avec la chronologie égyptienne. Mais sous ce rapport, les indications numériques du prophète sont loin de porter avec elles une exactitude parfaite,
* Greppo ( Essai sur le système hUrogiyphique , Paris, 1829. p. 5 85 ) a lu inexactement les abréviateurs de Manéthon , quand il a vu la durée du règne de Néchao portée à 16 ans. Hérodote seul lui assigne <:e nombre (1. Il , c. 159). Charopolliqn le jeune a retrouvé le nom de Néchao sur les monuments, et il n*y a point vu de date prouvant que son règne ait dépassé six années.
CHAP. VllI. 87
et il ne faut pas s'en étonner : le serviteur de Dieu ^ chargé de dénoncer aux Juifs les jugeméhts du Très- Haut^ n'avait pas mission d'écrire une chronologie, on peut le reconnaître ici. Selon toute apparence, il faut donc préférer le chiffre auquel conduit l'histoire d'Egypte à celui que donne Jérémie ^, et la mort de Néchao a, par conséquent, coïncidé ^vec la 2^^ année de Jéhojakim.
Nous voici maintenant arrivé à la grande époque de la captivité, et c'est là un des points les plus difficiles que la chronologie ait à résoudre , vu les incertitudes qui l'entourent. Les auteurs sacrés, en effet, ont consigné trois, et si l'on en croit Jérémie lu, 30, et Daniel i, 1-6, cinq déportations qui auraient eu lieu à des époques différentes : la première, qui aurait été effectuée, en la 3"* année de Jéhojakim (Dan. i , 1 -6); la seconde , en la 11 ""^ année du règne du même prince (2 Chron. xxxvi, 5, 6)f la troisième, qui aurait eu lieu après les trois mois de régne de Jéhojachin ou Jéchonias (2 Rois xxiv, 8-1 4j 2 C Aa?/i . xxxvi, 9, 10); la quatrième en- la 11"** année du règne de Sédécias (2 iî<?/> XXV, 8-1 1 , Jérém. lu, 12-16); enfin, selon Jérémie lii^ 30, une cinquième déportation aurait eu lieu quatre ans après la ruine de Jérusalem , c'est*àf-dire <
* Le passage de Jérémie est d'ailleurs en opposition formelle avec Daniel, I, i'^, qui, à la vérité, n'est pas- plus exact, comme on le verra bient6t, mais qui tend à démontrer Terrenr du premier. Si Nécbao, jusqu'alors seigneur suzerain 'de .Jérusalem , qui lui payait un tribot annuel , n'avait été en lutte avec Nébucadnetzar qu'en la 4* année de Jéhojakim , et n'avait été que dès ce moment-là restreint h ses possessions d'Egypte (2 Aoi»xxiv, 7), NébUcadnelxar ne s'était donc pas rendumaître de Jérusalem en la 3* année de Jéhojakim, et ti'en avait pas envmené captifs un certain nombre d'habitants.
en I4 23*"^ année du règ^e de Nébucadaetear^. A laquelle de d^3 dates se rapporte la captivité prin-cipale qu'avaieni annoncée les prophètes , et qui mar-^ qua la plus grande révolution dont Thistoire juive ait gardé le souvenir ? C'est ce qu'un exaqiea atten« tif de chacun de ces événements pourra seul (aire connaître.
I. Relativement à la première déportation, a celle que Daniel date de la S^ année de Jéhojakim , il faut observer qu'aucune prophétie positive n'avait encore annoncé une captivité de 70 années; au contraire y ce n'est que depuis cette époque-lè que des oracles frap* panta proclament la durée de cette longue infortune. Jérémiefait clairement comprendre quejusqu^à la 4<*« année de Jéhojakim l'Éternel , lent à la colère^ n'a point encore puni les iniquités de Jérusalem , et c'est depuis lors seulement qu'il annonce la venue de Néhucadtietzar, qu'il désigne spécialement comme roi de Babylone, et qui ne le fut en réalité que depuis cette même 4"* année de Jéhojakim (Jérém. xxv, 4-8)^. Aussi les théologiens modernes de l'Allemagne^ et
* Comme la catastrophe qui nous occupe n'a été rattachée à cette dernière déportation que par des chronologistes obscurs et peu nombreux, nous ne discuterons pas cette cinquième opinion.
2 Quoique Jérémie n*ait prophétisé la ci^tivité qu'en la 4* année de Jéhojakim , Des Vignoles fait dater le commencement de cette infortune de la 8* année du même roi (t. i , p. 544 et ss. )> mettant au présent plusieurs des verbes employé» par le pi'ophète, quand ils ont manifestement comme les autres le sens du futur, en sorte que la prédiction aurait annoncé uniquement , non plus la captivité , mais seulement la durée de ce malheur. Béroalde , Lightfoot , Usserius , Jacques Gappel , Simson , Vossius , Pétau , RJccioIi et d'autres encore l'ont indubitablement entendue ainsi, mais ce ftcns parait bien peu naturel.
CHAF. VIII. 89
entre autres De Welte ' et Winer ^, n'ont-ils point admis le fait d'une première captivité datant de Tan ^ de Jëhojakim ^^ et c'est dans les déportations suivantes que nous chercherons nous*-mème le commencement de Texil national de JFuda.
II. Dans ses trois dernières auBiées , c'est-à-dire depuis la 9"^9 puisqu'il régna 41 ans^ Jëhojakim fut assujéti à Nétttieadnetzar (2 Hois xxiv, 1^ 2), suivant la prëdictÎQn contenue dans Jérémie, ch» xxv, 1^ 11. Au bout de ce temps ^ il se révolta contre lui : alors l'Éternel envoya contre Jëhojakim des troupes 4e Chaldéens (2 Hois xxiy^ 1» 2). Mais ici Ion a cru voir une opposition entre les historiens sacrés , et Ton en a argué contre ridëe.d*une déportation ^. Parce que le récit abrégé des Rois ne contient que ces mots : // s'endor-nue auec ses pères (v^ 7) ; parce que Jérémie a dit de lui : // aura la sépulture d'un âne ^ il sera traîné ei jeté hors des portes de Jérusalem (xxn, !t9; voir aussi xxxTi, 30); parce qu*enfin il paraissait peu vraisemblable que Nébucadnetzar eût à trois mois de distance envahi deux fois Jérusalem , détrôné et emmené captifs deux rois de Juda, on n'a pas voulu admettre le récit des Chroniques^ où l'on trouve pourtant Taffirma-tion positive qu'après que Jëhojakim eut régné on^e ans y Nébucadnetzar marcha contre lui, et qu'il le
* De Welte. Emleiiung in da$ A. T. % 253. Anmerk. b. IV** Aufl. Berlin , 1833.
» Winer, BibL Realw. !»«• Bd. Art. Exil. S. 420, Il<« Aufl. Leipzig^ 1833-38.
' Comme il ne s'agit \h que d'nn détail , nous n'avions point à démontrer ni à infirmer Tauthenticité du livre de Daniel : des questions semblables ne peuvent être résolues qu'au moyen d'une masse de détails.
* y<Hr Winer» BibL Realw. Art. Jojakim. M. Coquerel, dans son Essai sur les Datée de la BibU, n'a pas dit un mot de celte déportation .
chargea de doubles chaînes d'airain pour V emmener à Babjlone (2 Chron. xxxvi, 6). — Mais d'abord ces mots^ il s'endormit avec ses pères, n'ont pas, dans l'Ancien Testament, une signification plus déterminée que celle de, il mourut , et ils n'indiquent point que ce fût dans le même pays qiie ses pères. Deuxièmement , on ne doit pas trop presser le sens des oracles , et surtout de ceux de Jérémie , car si on les interprétait trop littéralement, ils risqueraient de se contredire les uns les autres , comme on peut s'en convaincre en comparant ch. XXXVI, 30, à xxxvïi, \. D'ailleurs la fin du passage de Jérémie se traduirait plus exactement par, loin des portes de Jérusalem^. Troisièmement, s'il y avait en réalité contradiction entre les deux récits , la préférence qu'il faut donner pour la vérité historique aux livres des Chroniques plutôt qu'aux livres des Rois nous a été démontrée par les synchronismes des premiers de ces livres, beaucoup plus généralement exacts que ceux des derniers^. Quatrièmement enfin,, la succession de deux événements semblables n'a rien qui doive étonner : après une première invasion , Nébucadnetzar a bien pu revenir à Jérusalem, et, sur de nouveaux sujets^ de plainte, enlever la couronne à Jéchonias. Par ces motifs-là, nous nous croyons donc autorisé à conclure que Jéhojakim a été détrôné et emmené capdf à Babylone; que la fin de son règne a été marquée par une déportation dont Joseph fixe le
* Voici comment Leclerc a interprété toat ce verset : Sepulturâ asini sepelietur , dùm trahent et ejicient cadaver e|us longë è portis Jerosolimae. J. Glerici , Fêter iê Teitatnenti Prophetœ ettm comment Amstelodami, 1751.
' J. G. Dahler a soutenu la même opinion dans son ouvrage , De tibror, Paraiipom^ auetoritate aique fide hUior. Argent. 1819, p. 147.
CHAP. viii. 91
nombre des têtes à 3,000 captifs ^ {Jnt. Jud, 1. X, c. 6 , § 3), et que c'est probablement à ce premier exil qu'il faut rapporter le chiffre à peu prés semblable de 3,023 captifs^ que Jérémie fait envoyer à Babylone par Nébucadnetzar, en la 7°** année du gouvernement de ce prince (/€T€772. lu, 28).
III. Malgré ce qui vient d'être dit pour prouver la captivité de Jéhôjakim , plusieurs douteront encore peut-être de la réalité de cet événement, et ce n'est certainement pas encore là le châtiment redoutable que Dieu préparait à son peuple. Mais voici venir la catastrophe fameuse qui doit frapper au cœur Te royaume de Juda, et lui faire la plus profonde blessure. Jérémie dénonce un exil terrible au fils de Jéhôjakim, qui porté le nom de Jéchonias : Je suis vwant , dit VÉter^ nel à Jéchonias , fils de Jéhôjakim , roi de Juda ; quand tu serais comme un anneau en ma main droite ^ je t'en arrojcherais : je te lisfrerai à ceux qui en veulent à ta vie y à ceux dont tu redoutes la présence , à Nébucad^ netzarj roi de Babylone y et aux Clwldéens : et je te jetterai, toi et celle qui t'a mis au monde , dans une terre étrangère ou vous nétes pas nés et où vous mour-rez : dans une terre ou vous soupirerez vainement après le retour dans votre patrie. Ce Jéchonias n^ es t4l pas comme un vase d'argile méprisable et brisé y comme un vase de rebut ? C'est pour cela que lui et sa race ont été chassés et jetés dans un pays qui leur était inconnu. (Jérém. xxn, 24-28). L'événement justifie en efiet cette triste prédiction : Nébucadnetzar vient assiéger
* Il y place à tort Ézéchiel.
^ Ce chiffre n'embrasse fort probablement que les personnages les plus considérables de cette déportation, et il en est de même des nombres indiqués pour les suivantes.
Jérusalem une seconde fois, et quand le roi qui habitait cette capitale., déjà trop faible pour se défendre , s'est rendu à lui avec ses serviteurs et ses officiers , Nébucadnetzar fait enlever tous les trésors du temple et du palais royal, il déclare Jéchonîas prisonnier, et il le fait transporter à Babylone avec dix mille captif^ (2 Rois XXIV, 14) ^ élite delà nation, officiers» solflats, artisains, il ne laisse dans le pays que les pauvres ( /6^. w. 10-16; 2 Chron. xxxvi, 9, 10). Certes, c*estbien là le plus grand désastre que Juda ait eu à subir; son histoire ne présente pas d'autre déportation aussi nombreuse à beaucoup près^et cette calamité forme comme une ère nouvelle , une grande date 'historique à laquelle les auteurs sacrés rapportent soit leurs prédictions, soit les événements qu'ils mentionnent : L'Éternel, dit Jérémie, m'envoya une vision après que
NébucadnetzaTf roi de Babykme, eut transporté Jécho-nias, fils de Jéhojakim, roi de Juda, et açec lui les chefs de Juda, les charpentiers et les serruriers, et quil les eut emmenés de Jérusalem, à Babjrlone {Jérém. xxiv, 1 ) . Voici la lettre que Jérémie le prophète envoya de Jérusalem aux anciens, aux sacrificateurs , aux prophètes, et à tout le peuple que Nébucadnetzar avait emmené captif de Jérusalem à Babylcme, après que le roiJéchonias, la reine, les officiers, les princes de Juda et de Jéru^ salem, les charpentiers et les serruriers furent sortis de Jérusalem (xxix, 1,2)^. Ezéchiel, qui a fait partie de cette déportation {Ézéch. i, 1), date de là ses oracles ^.
* Joseph, réunissant à tort à ce nombre celui que donne l'appendice de Jérémie, c. lu, 29, pour la captivité de Sédécias, porte le nombre des captifs emmenés avec Jéchonîas à 10,852. Ant, Jud. L x, c. 7, $ i.
" Voyez encore Jévém, xxvui , 4.
> Èzêch, xxiv , 1,2; xxvi , i ; xxxni , 21 : XL, 1.
CHAP. vm. 93
Le livre d*Esther remonte aussi à la même captivité pour indiquer l'origine de Mardochée {Esth. 11^ 6). Enfin c'est au nom de Jéchonias que la généalogie de J.-4]!., donnée par l'évangéliste Matthieu, rattache la captivité : JosiaSy y est-il dit, fut père de Jéchonias^ et de ses flores ^, vers le temps tjue tes Juifs furent emmenés captifs à Bubjrlane , et après quils eurent été emmenés à Babyloney Jéchonias fut père de Salathiel{Matth, 1, \\y \%). Ainsi 9 d'après les prophètes et les historiens juifs, la fiu da règne de Jéchonias a bien marqué le commencement de la captivité, et cette époque est réellement le point de départ du long châtiment annoncé de la part de Dieu a son peuple in^^èie ^.
IV. Si les raisonnements précédents ont eu quelque force, ce n'est donc pas à la chute de Sédécias qu'il faut placer la date première de la captivité. La fin du royaume de Juda sous ce monarque avait bien été prédite par )es prophètes.; mais ils l'avaient mise en quelque sorte au second plan , et c'était pour eux l'achève^
* Jéchonias n'étût qae le p<tlt-fiU et non ie fils de losi»s ; mais il ne fautpasLs'étooner de cette légère inexàcUtade. Les Hébreux, en indiquant la relation de père à fils, ne voulaient souvent exprimer par là qu'un rapport de descendance moins déterminé et omettaient parfois ainsi dans leurs généalogies une , deux ou plusieurs générations; d'ailleurs il existe quelques manuscrits de Matthieu où Jéchonias n'est présenté- que comme le fils de Joakim, et où le v. il est ainsi conçu : Joua» engendra Joakim, Joakim engendra Jéchonias.
' Lors même que l'Ancien Testament ne parle point de frères de Jéchonias , il n'est pas impossible qu'il en ait eu , et que cela ait été consigné dans des généalogies de la race de David différentes de celles que nous avons.
' Le commencement de la captivité est rattaché à la même date par un grand nombre d'auteurs , Clément d'Alexandrie , Jules* Africain, te Syncelle, Gajetan , Génébrard , Scaliger, Galvisius, Behm , Louis Cappel, etc.
ment nécessaire d'un bouleversement déjà commencé : Foici, lit-on dans Jérémie après la déportation de JechoniaSy ce que dit V Étemel touchant le roi qui est assis sur le trône de Duifid j touchant le peuple qui habite dans cette ville et vos frères qui ne sont point allés açec vous en captiifité : J'enuerrai contre eux Vépée, lafa^-
mine et la peste, je ne leur laisserai point de repos
parce qu'ils ne m! ont point écouté... Ecoutez donc la parole de V Éternel y vous tous, captifs que f ai envoyés de Jérusalem à BaJb/lone {Jérém. xxix, 16-20) ^. Aussi, en la onzième^ année du règne de Sédécias, qui correspondait à la fin de la dix-^huitième {Jérém. lu , 29 ; Joseph, Ant.^ud. 1. X, c. 1 4), et au commencement de la dix- neuvième ( 2 Rais xxv, 8; Jérém. lu, 1 2 ) du règne de Nébucadnetzar , Jérusalem fut bien prise, pillée et détruite par le monarque babylonien ; elle avait bien souffert pendant un siège de deux ans toutes les horreurs de la famine et de la peste ^; elle vit bien périr par Tépée une grande partie de ses habitants % brûler son temple et ses maisons ^, conduire à Babylone son roi Sédécias ^, privé de la vue selon les prédictions des prophètes '^ . Mais elle ne vit emmener alors
* Voir encore chap. xxiv ; xxvii , 19-22.
> Gomme Jérusalem fut prise en la 11* année de Sédécias, au commencement du h^ mois ( 2 Rois xxv , 3 ; Jérém, lu , 6 , nous n'avons dû assigner sur nos tableaux au règne de Sédécias que 10 ans complets. 2 Roi$ XXIV, 18, et 2 Chron, xxxvi., 11 , lui en ont compté 11 , quoique la onzième-fût loin d'être vers son terme.
* 2 Hois XXV, 5; Jérém, ui, 6; Èzéeh, v, 10, 16, 17; Lameni, i, 11; H, 12, 19-21; IV, 8-10.
* Ézéeh. V, 12; 2 Chron, xxxvi, 17 ; Jérém, xxxix, 6; Lii, 25-27,
5 2 Bois XXV, 9; 2 Chron. xxxvi, 19; Jérém, xxxix, 8; lu, 18; Lament, iv, 11.
* 2 Rois XXV, 7 ; Jérém, xxxix, 7 ; lu , 11.
^ Jérém, xxxiv , 3 ; Etéch, xii , 13.
OHAP. vni. 95
qu'un nombre de captifs bien inférieur à celui qu'elle avait vu partir sous Jéchonias; deux sièges et deux déportations antérieures avaient dépeuplé cette ville ; si Ton s'en rapporte à Ezéchiel v^ 1 2^ les deux tiers des habitants qui lui étaient restés avaient dû périr par la famine et par Fépée^ et l'autre tiers seulement être dispersé de tous côtés , c'est-à-dire , en Egypte ^ comme à Babylone; Jérémie^ qui n^énumère sûrement que les captifs de marque , en compte pour cette époque-là 832 seulement {Jérém. lu, 29), nombre bien faible en comparaison de celui qui est assigqé à la captivité précédente : enfin les auteurs sacrés nous déclarent que Nébucadnetzar laissa à Jérusalem une cer-
* Sédécias s'était allié contre Nébucadnetzar avec le Pharaon Hophra, que Manéthon nomme Vapbrès, Hérodote ( I. n, èc. 161, 169; iv, 159) et Diodore de Sicile (i , 68 ) Apriès; GfaampoHion a retrouvé son nomsurJes monuments {Egypte ancienne, p. 371 ). Mais les secours qu'il prêta k Sédécias, qu'Ézéchiel avait inutilement cherché à détourner de cette alliance ( chapp. xxix-xxxn } furent inefficaces. Jéi^usalem fut prise et détruite; son peuple et son roi conduits en captivité, et quelques-uns de ses habitants, ayant voulu chercher un refuge en Egypte , malgré le conseil de Jérémie (xlii, 7-22), qu'ils y emmenèrent avec Baruch (xlui, 5-7), y furent accueillis par Hophra. Toutefois ce prince orgueilleux ne devait pas tarder à être chfttié de son égarement et dépossédé de sa couronne; Jérémie fut encore chargé de dénoncer contre lui les jugements du Seigneur ( xuu, 9; xuv , 30; xlvi, 26), et ce monarque en éprouva bientôt la réalisation. Ayant échoué dans une expédition qu'il tenta, suivant les uns, contre la Gyrénàlque, suivant les autres , et cette opinion est la plus probable , contre Nébucadnetzar luimême , ses troupes se révoltèrent contre lui et saluèrent du nom de roi Amasis, qu'il avait envoyé pour les apaiser. Cet officier en effet devint son successeur. On peut juger par là que Joseph a été inexact en faisant mettre Apriès à mort par Nébucadnetzar (Ant, Jud. 1. x , c. 9, $ 7). Tous ces événements eurent lieu selon nos calculs dans le cours d'une année. Si l'on en croyait Ézéch, xxix , 17, ce prophète aurait prédit ces malheurs à l'Egypte encore au commencement de la 27* année de Jéchonias, correspondant à la 35* de Nébucadnetzar. Mais en la 85' de
taine quantité de menu peuple destiné à cultiver les campagnes environnantes ^ Par conséquent la captivité qui mit fin au règne de Sédécias y et^ avec lui, à la monarchie de Juda , fut d^une importance bien moins grande ^ que celle qui enveloppa Jéchonias ; elle ne devait pas être mise en relief , comme elle l'a été ^ par l'es historiens qui ont voulu écrire les annales de la nation juive , et c'est bien à Jéchonias qu'il faut rapporter la date de cet événement mémorable , qui changea les idées, les sentiments et tes mœurs du peuple de Bieu.
Reprenant, pour les déterminer, les principales époques indiquées jusqu'ici, nous devons donc fixer l'assujétissement deJéhojakim à Nébucadnetzar , à l'an du monde 4608 (585 av. J.-C), son détrônement et la première prise de Jérusalem à l'an 461 (583 av. J.-C), dont la fin vit aussi le règne de Jéchonias; ce fut l'année de la grande captivité; enfin la ruine de Jérusalem et la déportation de Sédécias arrivèrent l'an du monde 4621 (572 av. J.-C).
Nébucadnetsar, c'est-à-dire en Tan du monde 4636 (557), Apriès ne régnait et n'existait déjà plos, ayant été remplacé sur le trône par Amaais, IS^ans plus tôt , c'est-à-dire en 4628 (570). l\ faut donc» on bien que cette prophétie ait concerné Amasis, avec lequel cependant l'histoire ne montre pas que Nébucadnetxar ait été en conflit , ou que les copistes du prophète aient fait une erreur et changé la date de cette prédiction , ce qui ne serait point impossible , toutes les autres relatives à Apriès étant fort antérieures.
* 2 Bots XXV, ii , 22-24 ; Jérém. xxxix , 10 ; XL , il , 12.
> Théophile d'Antioche, Eusèbe, la Chronique d'Alexandrie, Abenesra, Bucholcer, Du Temps, Bunting, Reusner, Labbe, Marsham, Salian , Goquerel etc. etc., ne font néanmoins commencer la captivité qu'avec la déportation de Sédécias.
DURilC DE LA CAPTIVITE.
Pour connaître la durée de la captivité , il semble que nous aurions à suivre une voie bien couif^te : ce serait de nous en remettre aux oracles qui l'annoncèrent et de mesurer depuis Jéchonias une série d'années égale à l'intervalle qu'ils nous indiqueraient. Néanmoins il y a pour nous avantage à interroger l'histoire avant d'en venir aux prophéties ; on verra plus tard le motif qui nous y détermine. En conséquence nous rechercherons d'abord historiquement quel fut le terme de cette longue infortune.
Trois édits furent successivement rendus en faveur des Juifs par les monarques de Perse :
Le premier par Cyrûs ( 2 Chrpn. xxxvi , 22-24 ; Esdras i, 1), l'an du monde 4657 (536 av. J.-C);
Le second par Darius , fils d'Hyistaspe {Esd. iv, 24; VI, 8), l'an du monde 4673 (520 av. J.-C).
Le troisième par Artaxerce {Esd. vu, 1 2), qui le publia l'an du monde 4714 (479 av. J.-C), si c'était Xerxès, ou bien l'an 4735 (458 av. J.-C), si c'était Artaxerce Longuemain.
Lequel de ces édits peut être avec raison considéré comme ayant mis fin à la captivité? — Si nous consultons à cet égard l'' les prophéties, 2^ le résultat de l'édit, et 3** l'opinion généralement accréditée chez les
9s CHRONOLOcm SACREE.
Juifs comme chez Les Clirêticns, la réponse n'est pas douteuse, ce fut le premier.
1" On lit dans Esaïe : Je suis l'Étemel,,., qui dis de Ç/rus : C'est mon berger, il exécutera toute ma vo~ Ion té, il dira à Jérusalem : Tu seras rebâtie , et au temple : Tu seras relevé sur tes fondements (EsaXe xliv, 28; voir XLv, 1 -4).
2° En efFet, nous voyons par une double déclaration des Livres Saints (2 Chron. xxxvi, 22-24; Esd, i, 1-4) que Cyrus réalisa cet oracle, il publia un édit qui permettait aux Juifs de retourner dans leur patrie et de rebâtir le temple de Jérusalem. GônformémeDt à cet ordre, Zorobabe) ramena en Judée environ 50,000 juifs {Esd. n), et sans contredit il n'y eut pas dans la Suite de colonie aussi nombreuse À beaucoup près qui revînt de Perse en Judée.
3' Aussi les Juifs ont-ils toujours considéré l'édit de
Cyrus comme ayant mis fin à h captivité de leurna-
'ent plusieurs passages de Jo-
. Ijl.XX, c. 9 etc.), et telle
la plus génëralenfent admise
cet édît comme ayant marqué et nous pouvons maintenant chercher combien de temps cette épreuve avait duré pour eux.
Si nous voulions adopter comme démontré d'avance le système de la chronologie vulgaire qui place à l'an 536 avant J.-C. l'édit de Cyrus, nous pourrions aus»tôt calculer l'intervalle qui s'écoula de la captivité de Jéchonias jusqu'à celte époque. Mais lies suppositions que nous avons faites jusqu'ici, d'après ChampolKon- Figeac, sur les rapports des événements ant^îeurs
avec Vère chrétienne^ pourraient être fausses, elles pourraient nous conduire à placer l'édit de Cyrus avant ou après l'an 536^ et il faut que cette date soit constatée par une autre voie. Heureusement la chronologie égyptienne nous vient encore en aide et elle nous fournit, pour la dernière fois où nous en avons besoin, un secours bien important. '
Dans nos calculs sur les régnes des Pharaons ^ nous nous étions arrêté à la deuxième année de Sévéchos, que nous avions montrée coïncider avec la destruction du royaume d'Israël par Salmanasar et avec Tan 4489 (704 av. J.-C.). En observant que ce prince régna encore 1 ans et eut pour successeurs dans là xxv"* dynastie Tahraka et Ammerris , qui régnèrent en tout 20 ans et quelques mois , on trouvera que Stéphinatis , chef de la xxvi"® dynastie, dut arriver au trône en l'an 4519 (674 av. J.-C). Si maintenant on calcule la durée des règnes de cette xxvi*"* dynastie , comme elle dut céder le gouvernement à Cambyse , et qtie Cambyse lui-même monta sur le trône d'Egypte 11 ans après que Cyrus se fut emparé de Babylone , on poom déterminer arec précision cette dernière époque.
Champollion-Figeac, à n'en pas douter^ a commis une eiTCur dans le calcul des règnes de la xxvi"** dynastie ^ / En additionnant les c^hiffres qu'il donne à chaque règne , on trouve un total de 1 59 ans et 6 mois, ou 160 ans environ. Il donne en effet
à Stéphinated. . 7 ans.
Néchepsos. . . 6
à reporter 13 ans.
* Champollioïi-Fîgeac, Égypie ancienne, p. 367-376.
Report. . 13 ans.
Néchaô I. . . 8
Psammétichus I. 54
Néchaô II. . . 6
Psammétichus II. 17
Apriès. . . . 17
Âmasis; ... 44 Psammachérites. 6 mois.
159 ans, 6 mois.
Ce total ne se rapporte à aucun de ceux qu'indiquent les ahréviateurs de Manéthon : le Syncelle le porte à 203 ans 9 Eusèhe à 168 et Jules Africain à 150 ans et 6 mois. Or quand ChampoUion-Figeac veut lui-même donner la durée totale de la dynastie^ il emprunte le chiffre de Jules Africain, 150 ans et 6 mois^ et il le confirme par les dates entre lesquelles il enclôt cette dynastie : il la fait commencer à Tan 674 avant J.-G. et finir à Tan 625. Veut-on maintenant connait/e la source de cette contradiction? On la trouvera en ce que^ ayant lu dans les recherches de son frère sur les monuments une confirmation de presque tous les nombres fournis par Jules Africain , il a cru devoir s'en écarter pour les règnes de Psammétichus II etd'Apriès, que cet ancien auteur fixe à 6 et à 1 9 ans. Pour nous , il nous semble qu'il faut préférer le total indiqué par Champollion-Figeac d'accord avec Jules Africain à ce^ lui qu'on pourrait induire de toutes ses données partielles , quand même elles s'appuient sur deux monuments hiéroglyphiques.
En adoptant actuellement ce chiffre de 150 ans^ ou plutôt même de 1 49 qu'il assigne à la durée totale de la
CHAP. IX. iQ\
xxvi"* dynastie^ et en le retranchant de Tan 674 avant J.-C. auquel il plaçait le commencement de cette dynastie^ on trouve qu'elle finit à Tan 525 avant J.-C. , époque etFectivement assignée par la chronologie vulgaire au commencement de la xxvii""* dynastie, c'està-^dire au règne de Cambyse sur l'Egypte , et il n'y a qu'à remonter 1 1 ans plus haut pour reconnaître que Gyrus a bien régné sur Babylone l'an 536 avant J.-C Mais si nous profitons de ce résultat pour le compa-< rer avec l'histoire des Juifs, ou plutôt avec celle des Babyloniens, avec laquelle la première s'est confondue depuis le commencement de la captivité jusqu'à environ l'époque à laquelle nous sommes arrivé, nous découvrons qu'il y a une grave erreur dans les chiffres que les annales chaldéennes ont fournis à là chronologie vulgaire pour une période cependant bien importante. £n effet, si de l'an 525 (av. J.-C), date de la domination de Cambyse sur l'Egypte, on remonte à la première année de Sévékowtph ou Sua , auquel Hosée avait demandé du secours trois ans avant la prise de sa capitale, on ne trouve que 1 81 ans.
Régne de Sévékowtph. ... 12 ans. Tahraka et Âmmerris. . . . 20 xxvi""* dynastie jusqu'à Cambyse^ 1 49
Si , au contraire, on enregistre les données que la chronologie chaldéenne vient ajouter, jusqu'à l'an 525, à celles de la chronologie d'Israël et de Juda depuis la 6™* année du règne de Hosée, on trouve par cette voie une somme de 195 an«, comme on peut s'en convaincre par le tableau suivant :
Chronologie vulgaire.
Du règne de Hosée 3 ans.
De celui d'Ezëchias encore. • . 22
Manassë 55
Âqion. 2
Josias 31
Jehojacbaz. ....... 3 mois.
Eliakim ou Jehojakim. . . ^ 11 Jehojacbin ou Jéchonias. . 3
Sëdécias. . 10 3
Du régne de Nébucadneizar encore 23
Évilmérodae 2
Nëriglissor U
Laborosoarchod ...... 9
Belsatzar 17
Cyaxare ou Darius le Méde. • . 2
Cyrus 7
De Gambyse jusqu'à sa domination sur l'Egypte. ..... 4
194 ans, 6 mois, ou 1 95 ans.
Ainsi l'époque à laquelle Hosée aurait demandé des secours à Sévékowtph aurait devancé de 1 4 ans ravenement de ce dernier prince ! Absurdité manifeste ^ . Comme jusqu'ici rien ne nous a fait suspecter la chronologie égyptienne, qui, au eontraise, nous a offert d'admirables synchronismes avec l'histoire juive, nous
. ^ Quand , suivant les chifires partiels auxquels Ghaoïpollion-Figeac est arrivé par l'examen dés travaux de son frère, on allongerait de 10 ans la chronologie épyptienne . il y aurait toujours entre les deux nombres dont nous parlons une différence de 4 ans impossible à effacer.
CBAP. IX. 103
sommes bien en droit d'attribuer celle erreur aux dates que la chronologie vulgaire a enregistrées pour Tempire babylonien .
Mais ce ne sont pas seulement les annales de rÉgy«« pte qui nous conduisent à signaler cette erreur.) celles de la Phénicte^ ou du moins un fragment que Joseph eu à conservé ^ nous mènent à un résultat entièrement semblable. On voit dans un premier passage de Joseph^ qui s'appuie pour cette assertion sur Pbilostrate^ que Nébùoadnetzar assiégea 1 â ans la ville de Tyr pendant qu'Ithobal y régnait {yént. Jwl. 1. x, c. H, § <)- Dans un second passage emprunté auac historiens phéniciens ^ le même auteur nous donne la durée des rè-^ gnes des princes tyriens depuis le commencement de ce siège jusqu'à la première année de Cyrus ( Cont^ Apion. \.iy c. 21 )• Et suivant ce qui vient d'être cHt , il faudra commencer cette liste en comptant pour IthobaL . . • • 1 3 ans.
Puis^ suivant la liste méme^ on donnera à
Baal .10
Ecnibal. .... 2 mois.
Chelbis. .... 10
Abbar le gr*-prêtre. 3
Mytgon et Géraste.^ 6 dontBalatox*
1 an ^> Merbal. .... 4
Irom. ..... 14