‹ La chute d'un ange (volume 2)Chapitre 12 sur 22 · I.e nom de toute chose est un : Eternité · texte numérisé non relu

I.e nom de toute chose est un : Eternité

» Les formes seulement où son dessein se joue, Eternel mouvement de la céleste roue, Changent incessamment selon la sainte loi; Mais Dieu qui produit tout rappelle tout à soi, C'est un flux et reflux d'ineffable puissance, Où tout emprunte et rend l'inépuisable essence, Où tout rayon remonte à ce foyer commun , Où l'œuvre et l'ouvrier sont deux et ne sont qu'un ! H. d

Où la force d'en haut, vivante en toute choàé, Crée , enfante , détruit , compose et décompose ; S'admirant sans repos dans tout ce qu'il a fait , Henouvelant toujours son ouvrage parfait : Où le tout est partie et la partie entière, Où la vie et la mort , le temps et la matière. Ne sont rien en effet que formes de l'esprit; Cercles mystérieux que tout en lui décrit, Où Jéhova s'admire et se diversifie Dans l'œuvre qu'il produit et qu'il s'identifie. Dans nos nuits de cristal ainsi le firmament, Qui nous semble taillé d'un seul bloc seulement, Qu'une seule couleur d'une arche à l'autre azuré, N'est qu'un immense abîme, un vide sans mesure Où se croisent sans fin les mondes et les cieux ; Et ce bleu qui paraît sa couleur à nos yeux N'est qu'un rayonnement dans la source commune Des milliers de lueurs qui se fondent en une.

HUITIÈME WSION. $\

» Le sage en sa pensée a dit un jour : Pourquoi , Si je suis fils de Dieu , le mal est-il en moi? Si l'homme dut tomber , qui donc prévit sa chute? S'il dut être vaincu, qui donc permit la lutte? Est-il donc , ô douleur ! deux axes dans les cieux? Deux âmes dans mon sein , dans Jéhova deux dieux?

» Or, l'esprit du Seigneur, qui dans notre nuit plonge, Vit son doute et sourit ; et l'emportant en songe Au point de l'infini, d'où le regard divin Voit les commencements, les milieux et la fin , Et complétant les temps qui ne sont pas encore, Du désordre apparent voit l'harmonie éclore : Regarde, lui dit-il; et le sage éperdu

Vit l'horizon divin sous ses pieds étendu. Par l'admiration son âme anéantie;

Se fondit, par le tout il comprit la partie,

La fin justifia la voie et le moyen ;

Ce qu'il appelait mal, fut le souverain bien,

La matière , où la mort germe dans la souffrance,

Ne fut plus à ses yeux qu'une vainc apparence ,

Un mode d'existence à Pautre contr l

Où la nature liUtc avec la volonté ,

Et d'où la liberté , qui pressent le mystère,

Prend pour monter plus haut son point d'appui sur terre.

Et le sage comprit que le mal n'était pas,

Et dans l'œuvre de Dieu ne se voit que d'en bas !

> fle renfermez pas Dieu dans des prisons de pierres

JHITIEME VISION, 53

Où son image habite et trompe vos paupières , De peur que vos enfants , en écartant leurs pas, Disent : Il est ici , mais ailleurs il n'est pas! Ne cherchez pas des yeux derrière le nuage , Au fond du firmament, cette mer sans rivage. Quel est le ciel des d'eux habité , plein de Dieu ? Il n'est pour Jéhova ni distance ni lieu : Ce qui n'a point de corps ne connaît point d'espace ; De ce qui remplit tout ne cherchez point la place , Contemplez-le par l'âme et non pas par vos yeux : L'ignorer ou le voir, c'est l'enfer ou les cieux.

» Trouvez Dieu , son idée est la raison de l'être ; Il n'a fait l'univers qu'afin de le connaître, Vers celui dont le monde est l'émanation

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