‹ La chute d'un ange: épisodeChapitre 8 sur 12 · XIV AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

XIV AVERTISSEMENT

et la voix même de Dieu, qui les appelle incessamment il cet état parfait, est peut-être une raison d'espérer qu'ils pourront un jour y arriver. Mais si l'on suppose que, dans l'état connu et réel de l'humanité, je sois assez dépourvu du sens des réalités pour dire aux hommes : « Brisez ce magnifique phénomène de la société civile, chassez vos rois, destituez vos juges, licenciez vos forces et fiez-vous à l'égoïsme individuel, à la désorganisation et à l'anarchie » ; en vérité, on me fait trop d'honneur en me répondant. Personne, j'ose le dire, n'a plus que moi le sens de la nécessité des gouvernements. Qu'ils s'appellent monarchies ou républiques, selon les mœurs ou les temps, peu importe ; mais qu'ils soient éclairés et forts, c'est tout l'homme ; ils sont la forme de l'humanité et la condition de tous ses progrès ; ils sont aux masses ce que l'organisation est aux individus, c'est-a-dire la loi même de leur existence; ils sont les instruments des idées qui travaillent de siècle en siècle à remuer et à transformer le monde; et la tendance de tout esprit qui veut que les idées triomphent et que l'humanité grandisse est plutôt d'exagérer que d'énerver la force des gouvernements. Je confesse tout haut que c'est la mienne.

Mais je me hâte d'abandonner de si hautes questions, si inopportunément soulevées à propos de quelques pauvres vers, et je reviens à ce qu'il y a de plus infime au monde, une misérable question d'art et des hémistiches justement revendiqués par la critique. Je ne les lui disputerai pas. J'acquiesce à beaucoup de reproches mérités d'incorrection, de

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faiblesse, dé négligences et même d'inconvenances de style : j'en fais justice moi-même dans cette nouvelle édition. Je remercie les écrivains consciencieux qui ont bien voulu me les signaler. Il faut au moins faire profiter le lecteur de cette critique impartiale et bienveillante, souvent aussi pénible à celui qui l'eicrce qu'à celui qui la subit.

« Vieux Liban ! » s'écria le céleste vieillard £a s'essuyant les yeux que voilait un brouillard, Pendant que le vaisseau courant à pleines voiles Faisait glisser nos mats. d'étoiles en étoiles, Et qu'à l'ombre des caps'dd Liban sur la mer L'harmonieuse proue enflait le flot amer.

« Sommets resplendissants au-dessus des tempêtes,

Qa'on vous cherchait alors bien plus haut qu'où vous êtes!

Votre front, maintenant comme un crâne blanchi.

Ûii' poids de l'Océan n'avait jamais fléchi,

Et les flots du déluge, en miiiant vos* collines, •

N-' avaient pas sur vos flancs déchiré- ces ravines. -

Vous ne laissiez pas voir, comme un corps sans manteau,

Ce» rocs, grands ossements prêts à percer la peau ;

Mais vos muscles puissants, vaste épine d'un monde,

levêtus à grands plis de bois, de sol et d'onde,

Dessinant sur le ciel d'harmonieux contours,

Même en s'y découpant s'arrondissaient toujours.

Ob! si vous l'aviez vu, mon enfant, dans sa gloire,

Tel que je le revois de loin dans ma mémoire.

Dans ces jours encor près de sa création, Votre œil fondrait d'amour et d'admiration !

« Vous voyez sur ces bords qu'évite notre poupe

Ces écueils mugissants que la lame découpe,

Ces grands blocs dentelés, effroi du matelot.

Où monte et redescend l'assaut grondant du flot;

Vous voyez dans les flancs des monts ces déchirures,

Coups de hache au rocher qui montre ses blessures,

Et dont par intervalle un rare filet d'eau

Pleut comme la sueur d'un flanc sous un fardeau.

Tandis qu'au fond obscur de la noire ravine

Le lit sec d'un torrent que le soleil calcine

Ne révèle la veine où ses flots ont coulé

Qu'au stérile caillou que l'hiver a roulé ;

Plus haut, ces longs remparts et ces cimes chenues

Dont les escarpements semblent porter les nues ;

Puis ces neiges où rien n'ose plus végéter.

Puis ces pics dont la dent semble ébrécher l'éther !

Vaste amas de granit sans ombre et sans culture.

Où l'herbe même a peine à trouver nourriture.

Et qui fait dire à l'homme avec un cri d'effroi :

« Ce globe fut-il fait pour la pierre ou pour moi ? »

« Eh bien, cette âpreté n'est que décrépitude. Tout était aussi grand, mon fils, rien n'était rude; Partout pleines, partout comme grasses de chair. Ces cimes que noyait l'océan bleu de l'air S'élargissaient, montaient, ou seules ou jumelles, De la terre encor vierge, ainsi que des mamelles

KECIT . 3:

Que fait renfler un sang plein de sève et d'amour,

Et dont la plénitude arrondit le contour. .

Ces neiges, dont le poids semble affaisser leurs hanclies,

N'opposaient pas alors leurs mornes taches blanches

Au bleu sombre et profond d'un firmament plus pur.

Où le vert des rameaux se fondait dans Tâzur,

Comme au bleu d'une mer sans écume et sans algue

Le vert des bois se fond en trempant dans la vague.

Jusqu'aux derniers plateaux que l'homme ne voit plus,

Les chênes aux bras tors, les cèdres chevelus,

Élargissant leurs troncs en vivante colonne.

Pour porter à cent pieds leur flèche ou leur couronne,

Et dans les feux du ciel, toujours verts, les noyant.

Couvraient partout les monts d'un grand flot ondoyant;

Mais ces arbres géants, premiers-nés de la terre.

Ne cachaient pas au jour tout le sein de leur mère :

Leurs rejetons, pressés comme dans nos forêts.

Sous leurs troncs étouffés ne germaient pas si près;

Ils ne dérobaient pas de leurs branches jalouses

Le ciel et les rayons aux plantes des pelouses ;

Us décoraient la terre et ne la cachaient pas ;

De larges pans du ciel s'ouvraient entre leurs bras.

Pour que les vents, le jour, l'humidité céleste,

De la création visitassent le reste.

La foudre quelquefois semant leurs troncs noircis

Sur des croupes à pic les avait éclaircis ;

Les torrents en avaient balayé leurs rivages.

Et laissé pour les yeux des vides sur leurs plages ;

De sorte qu'entre l'onde et ces grands troncs épars

Les pelouses laissaient circuler les regards,.

Comme entre les piliers d'un dôme qu'il éclaire

Le soleil fait jouer son rayon circulaire.

De là brillaient les lacs à travers les rameaux ;

Les sept fleuves creusaient sept vallons sous leurs eaux,

Grandes veines d'argent qui de leur haute artère

S'épanchaient à flots bleus pour féconder la terre,

Et que par mille nœuds rassemblait comme au nid

L'innombrable réseau des sources du granit

« Oh! qucifes fleurs croissaient sur ce berceau des fleuves! Quels cèdres étendaient leurs bras sur ces eaux neuves ! Quels oiseaux se trempaient l'aile dans ces bassins ! Quel firmament la nuit constellait dans leurs seins ! Quels murmures secrets et quelle âme profonde Sortaient avec ses flots, chantaient avec son onde! C'était comme le cliant confus, à demi- voix, Des flots impatients d'écumer sous les bois.

Et quand le soir, rasant leur face occidentale, Rougissait dans le ciel sa barre horizontale Et, retirant d'en haut ses rayons repliés, Glissait entre les troncs du dôme incendiés, Et semblait allumer sur ces fumantes cimes Un bûcher colossal pour d'immenses victimes ; Quand ces feux des sommets réfléchis par la mer Dans ces vagues du soir paraissaient écumer ; Que les brutes, sortant de leurs antres sauvages. Venaient rôder, bondir, hurler sur ces rivages; Que les milliers de cris des nuages d'oiseaux^ Que l'innombrable bruit de tant de chutes d'eaux. Comme un orgue à cent voix qu'une seule ame anime.

Donnaient chacun uii son au cantique unaniikic ;

Et qu'un souffle des airs venant à s'exhaler,

La surface des monts semblait toute onduler,

Comme un duvet ému d'un cygne que l'on touche

Frémit de volupté sous le vent de la bouche ;

Que les cèdres plaintifs tordaient leurs bras mouvants,

Qu'un nuage de fleurs soulevé par les vents

Sortait de la montagne avec des bruits étranges

Et des flots de parfums pour enivrer les anges,

L'extase suspendait le cœur silencieux.

Les étoiles d'amour se penchaient dans les cieux.

Et Celui qui connaît la colline et la plaine

Ecoutait l'hosanna dont sa cime était pleine!!! »

— Mais, disaisije en mon cœur, ce vieillard inconnu Parle comme quelqu'un qui lui-*mème aurait vu.

Il lut dans mon esprit ma pensée et mon trouble :

« Oui, j'ai vu, non par moi, non par ce regard trouble,

Non par cet œil de chair, mais par l'œil de ces saints

A qui Dieu, d'ici-bas; laisse voir ses desseins,

A qui des jours futurs l'avenir dit le nombi'e.

Et pour qui dans sa huit le passé n'a point d'ombre!

— Je croyais qu ici-bas il n'en restait aucun.

— Dans ces jours ténébreux, mon fils, il en reste un, Un seul, digne héritier de ces sacrés prophètes Dont l'éclair du Très-Haut illuminait les têtes.

Et dont par d'autres sens le sens divin instruit Réverbérait ses feux jusque dans notre nuit ! Cet homme, quand du ciel le souffle le visite,

Tout ce que voit son œil, sa bouche le récite : Heureux qui peut Tentendre en ces heures où Dieu Le rend contemporain et présent en tout Heu!

Il assiste vivant au sublime mystère, Aux actes successifs du drame de la terre, Mais il faut à ce saint, d'un pur désir conduit. Apporter un cœur simple et vide de tout bruit.

— Oh! dans quel coin du monde habite-t-il, mon père? Des montagnes aux mers, voyageur sur la terre,

Pour chercher un rayon de pure vérité.

J'ai laissé le pays par mon père habité, Cette tombe où ma mère habite avec mon âme ; J'ai pris par chaque main cette enfant, cette femme, J'ai confié leur vie aux flancs de ce vaisseau. Comme on emporte tout dans le pan d'un manteau ; J'ai risqué <nes trésors, mes amours et ma vie. Que voulez-vous de plus qu'un homme sacrifie ?

— Eh bien, quand, au retour, de ces flots en courroux L'abîme engloutirait et ces trésors et vous.

Vous n'auriez pas payé trop cher ce grand spectacle. Et sur la nuit des temps un éclair de l'oracle.

— Mais sur quels bords lointains vit cet homme de Dieu Et qui m'enseignera le chemin et le lieu ?

— Levez les yeux, mon fils ; vous voyez sur nos têtes Ce groupe du Liban, tout voilé de tempêtes.

Dont les vastes rameaux, des feux du ciel fumants. Blanchissent au soleil comme des ossements, Et qui du haut Sannin au cap blanc de Salde Descendent vers la mer dans leur chute rapide : L'œil s'enfçnce partout sous l'ombl^e des cojteaux

Dont le granit soutient de sublimes plateaux,

Où les fentes du roc laissent sortir de terre •

De distance en distance un sombre monastère.

En les voyant d*ici, l'œil même du nocher

Ne saurait distinguer leurs murs noirs du rocher ;

Semblables à des caps qui brisent des nuages,

lis s'élèvent au ciel d'étages en étages.

Noyés par les vapeurs dans les vagues de l'air ;

On n'en voit quelques-uns qu'aux lueurs de l'éclair.

Nul n'en saurait trouver la route que les aigles.

Tout un peuple pourtant suit là de saintes règles.

Et, pour fuir l'esclavage et l'ombre du turban.

De trous comme une ruche a percé le Liban,

Et, suspendant son aire aux pans des précipices,

A fécondé du roc les moindres interstices :

Abeilles du Seigneur, dont la cire et le miel

Sont d'obscures vertus qui n'ont de prix qu'au ciel !

— Quel est ce peuple saint? — Ce sont les Maronites,

Tribu d'adorateurs, peuple de cénobites.

Qui, semblable aux Hébreux dans leur captivité,

A caché sur ces monts l'arche de vérité.

Dans les simples vertus que. l'Occident oublie,

Là, depuis deux mille ans, leur race multiplie.

Ils n'ont pas recherché cette perfection

Qui s'affranchit des lois de la création :

Par les chastes liens des enfants et des femmes,

A l'amour du prochain ils exercent leurs âmes ;

De leurs fruits, comme l'arbre, ils se font un honneur ;

Un fils est à leurs yeux un tribut t^u Seigneur, .

Un serviteur de plus pour servir legraûd Maître,

Un œil, une raimm de plus pour le connattre.

Une Jaaçiie -de plus dans. le ehceur infini

Par €[ui, de siècle en siècle, il doit être béni !

Ils ne dérobent pas, mendiants volontaires,

Leur paitf skux. indigents comme Vos solitaires :

Du travail de leurs doigts pour tisser leurs habits.

Ils font filer' le ver et paître les brebis ; '

Ils sèment le froment au bord des précipices,

Ils attdlent au joug leurs robustes génisses ; *

Et souvent vous voyez ces pieux laboureurs,

A moitié d'un sillon arrosé de sueurs.

Aux accents de l'airain qui sort d'un monastère.

Arracher tout à coup le soc fumant de terre.

Et, mêlant sous le ciel la prière au travail.

Chanter l'hymne en laissant respirer leur bétail.

il Sans jamais l'outrager, épurant la nature,

Leur vieux christianisme est une goutte pure

De cette eau que Jésus ne mêla d'aucun fiel

Quand sa bénite main la fit couler du ciel,

Et qu'il dit en partant : <c Homme, je suis ton frère;

« Mon royaume est le tien, et mon Père est ton père !

« Dans ce peuple d'élus quelques-uns cependant, Soulevés d'ici«bas d'un soupir plus ardent.

Gravissant du Liban les sommets les plus rudes, Sur la fin de leurs jours hantent les solitudes, Où, livrés à l'esprit des contemplations, Us consument leur âme en aspirations :

Nouveaux Pauls du désert qu'une caverne abrite.

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Que le lion auwwl et q«e i aigle visite.

Il en -est on surtout 'dont ies anges, dit-on, Ne proBOBCCTt entre eux qu'avec respect le nom. Dont les ëoimiies ti'en Smils, les plus vieux de leur race, Ne oomiatssent pkis Tâge, ont oublié la trace, Et qu'ils n'ont jamais vu, dans leurs plus jeunes ans. Qu'avec son front chenu, chauve de cheveux blancs. Sa tempe approfondie et sa prunelle éteinte, ; Où depuis soixante ans nulle clarté n'est peinte, Mais qui semMe, brûlée à des éclairs ardents, •Quoique aveugle en dehors, regarder en dedans Ahl celui-là, mon fils, sait des choses étranges 'Sirtf^atêOÈce du temps, sur l'homme et sur les anges; Soit qu'un ^éoit divin lui fût un jour conté. Soit qu'au-dessus éà «ens son esprit soit monté, &oit' que dans les rigueurs dont se sanotifie ^on âme ait retrouvé le don de prophétie-, .Et qu'au lieu.de percer la nuit de l'avenir Elle sache évoquer des temps le souvenir, «Gomme un esprit robuste, à force de pensée.

Rappelle dû lointain* sa mémoire efiPacée.- II voit les jours d'Adam comme ceux d'aujourd'hui. Mais il n'es t. pas aisé de parvenir à lui; 11 habite, au plus haut.de. ces cimes visibles. Un antre tout fermé de rocs inaccessibles.

Où des pas des mortels ne mène aucun sentier :- Le montagnard en vain gravit un jour entier.

On ne peut découvrir la grotte sans prodige ; On dit qu'à moins- qu'un ange ou Dieu ne vous dirige, De peine et de soeurs le corps anéanti, •.

lo LA CHUTE b'UN ANGE

On se retrouve au point d'où Ton était parti.

Mais l'esprit du Très-Haut, qui de si loin vous mène,

Vous conduira, mon fils, mieux qu'une trace humaine.

Laissez la blonde enfant avec sa mère en bas,

Et demain au Liban j'accompagne vos pas. »

Nous laissâmes tomber notre ancre dans la vase

Où l'antique Sidon, près d'un cap qui s'évase,

Rassemblait autrefois sous ses quais de granit

Ses voiles comme autant d'aiglons rentrés au nid.

Le temps n'a rien laissé de sa ruine immense

Qu'un môle renversé qui dort au fond d'une anse.

Du sable dont la lune éclairait la blancheur.

Et l'écume lavant la barque d'un pêcheur.

Que ton éternité nous frappe et nous accable,

Dieu des temps, quand on cherche un peuple dans du sabl

Et que d'un vaste empire où l'on descend la nuit,

La rame d'une barque, hélas ! est tout le bruit !

Je laissai tous mes biens dans ma maison flottante. Que ces flots assoupis berçaient comme une tente, Et le vieillard et moi, d'un essor tout pareil. Nos pas aux flancs des monts devançant le soleil. Nous vîmes par degrés, au lever de l'aurore, La mer derrière nous fuir et les pics éclore. Et des sommets atteints d'autres sommets voilés Fendre des firmaments par leur neige étoiles. De là, le grand désert sous sa vapeur de braise Brillait comme ,un fer chaud rougi par la' fournaise ;

Et la mer et le ciel fondus à l'horizon.

Trompant en s' unissant les yeux et la raison,

Semblaient un océan circulaire et sans plages

Où nageaient le soleil, les monts et les nuages.

Nous passâmes au pied d'un haut mamelon noir

Que couronnaient les murs d'un antique manoir,

Tout semblable aux monceaux de gothiques ruines

Dont le Rhin féodal revêtait ses collines.

Des turbans noirs brillaient au sommet d'une tour.

« Quel est, dis-je au vieillard, ce terrible séjour?

Quel crime ou quelle ardeur d'une âme solitaire

A pu faire habiter ce palais du mystère ?

— C'est là pourtant, mon fils, c'est là, répondit-il.

Qu'une femme d'Europe a bâti son exil^,

Et que, livrant ses nuits aux sciences des Mages,

Elle s'élève à Dieu par l'échelle des sages :

Dieu connaît si son art est songe où vérité.

Mais tout homme bénit son hospitalité. »

Nous passâmes la nuit dans ces hautes demeures :

La grâce et la sagesse en charmèrent les heures.

Les étoiles du ciel en fêtèrent l'accueil,

Et mes pieds en sortant en bénirent le seuil.

De la crête des rocs aux torrents des abîmes. Nous montâmes trois jours et nous redescendîmes Nous touchâmes dii pied les sauvages tribus Des enfants du désert, des races vils rebuts;

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