‹ La chute de l'ancien régime (1787-1789) (volume 2)Chapitre 10 sur 350 · XVI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XVI INTRODUCTION

Evidemment ces plaintes se rapportent à un régime bien différent des franchises du xv^ siècle. De ces franchises, depuis longtemps disparues, s'il restait encore quelque trace, ce n'était plus qu'un vague souvenir, et avec le souvenir, nécessairement le regret, c'est-à-dire une aggravation de souffrances.

Le meilleur moyen de ne pas confondre l'ancien régime avec les temps antérieurs, auxquels il ressemble si mal, serait de lui assigner des limites^ tifl (analogiques et de le resserrer entre deux dates précises. Kwl^ 1715, c'est encore le grand règne, l'apogée delà monarchie absolue; 1789 marque l'avènement de la nouvelle France, de la France contemporaine. Depuis la mort de Louis XIV jusqu'aux premières victoires de la Révolution s'étend l'ancien régime : rien de moins, rien de plus. De ces deux Umites, la dernière n'est pas susceptible de contestation; quant à l'autre, il nous suffira de rappeler qu'elle coïncide avec la véritable aurore du xviif siècle, de celui qui, rompant avec les traditions du passé, prépara le mouvement révolutionnaire. Déjà, M. Villemain en avait fait la remarque, en ces termes * : « Le Roi est mort ce matin à huit heures un quart, écrivait, le l'' septembre 1715, l'exact Dangeau.... A partir de cette date, messieurs, commence pour nous lexviip siècle. » Plus récemment, un écrivain distingué, étudiant la marche de l'opinion publique au cours de ce même siècle, a suivi l'exemple de M. Villemain. Il a choisi 1715 et 1789 comme points

i. Cours de littérature, xvinc siècle, première leçon.

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