‹ La chute de l'ancien régime (1787-1789) (volume 2)Chapitre 103 sur 350 · Droz, Hist. de Louis XVI, t. I, p. 346 en note · texte numérisé non relu

Droz, Hist. de Louis XVI, t. I, p. 346 en note

les délais, imposés à son ardeur, lui rendaient indispensable. Décidément, en jugeant sa conduite, l'histoire impartiale doit lui tenir compte des circonstances qui gênaient sa liberté d'action. Il avait à lutter contre la faiblesse du roi, les scrupules de Vergennes, la sourde hostilité de Miromesnil. Heureux si, malgré tant d'obstacles, il parvenait à sauver les parties essentielles de son plan! A force d'insistance, il finit par obtenir qu'au moins la convocation des Notables serait irrévocablement annoncée le 29 décembre 1786. Il entraîna même Louis XVI à lui promettre de ne jamais l'a. andonner, quel que fût l'accueil réservé à ses projets; et fier de cette royale promesse, se croyant sûr de l'appui du maître souverain, il oublia ses premiers mécomptes et se berça d'illusions, dont il ne devait pas tarder à reconnaître le néant.

Jusqu'alors, le secret convenu avait été scrupuleusement gardé. Lorsque le roi fit connaître au conseil des dépêches la résolution qu'il avait prise, tous les membres présents, sauf Vergennes et Miromesnil, furent saisis d'un étonnement profond. Quelques-uns, comme le baron de Breteuil, étaient encore plus mécontents qu'étonnés. La reine elle-même se sentit douloureusement blessée de n'avoir pas été prévenue plus tôt d'un acte aussi grave. Dès ce moment. Galonné put se convaincre qu'il ne trouverait autour de lui, dans les hautes régions du pouvoir, ni aide, ni sympathie. A la cour, où la grande nouvelle se répandit aussitôt, le peu qu'on savait des nouveaux projets ne reçut pas un meilleur accueil. La plupart des habitués de Versailles « blâmaient une mesure qui leur annonçait des réformes et qui leur

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